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La courte échelle

0-5 ans, 12 ans et plus, 6-11 ans

Fantômes, Sorcières, Monstres et cie!

La grenouille fantôme, Ohara Hale, Éditions La Pastèque

En pleine nuit, alors que toute la famille dort, Grenouille fantôme en profite pour s’amuser. Elle n’est pas méchante pour deux sous. Bien au contraire, elle veille sur la maisonnée, de nuit comme de jour. Avec un peu d’entraînement, tu pourrais même finir par la voir…

Ce qui frappe avant tout dans cet album, c’est son graphisme déluré et éclaté. Les illustrations sont vraiment originales. Les gros plans, les couleurs contrastantes, ainsi que les mignons personnages nous placent tout de suite dans une ambiance rigolote. Très vite, on sent qu’on n’a pas affaire à un livre ordinaire sur les fantômes. La pénombre y est même invitante, c’est pour vous dire! La grenouille fantôme y est pour beaucoup avec son doux sourire et ses délires farfelues. Mon moment préféré? C’est quand elle fait du surf sur la planche à repasser! Elle est joueuse, certes, mais ce n’est pas tout! La grenouille fantôme est omniprésente dans la vie quotidienne de cet enfant. Elle a comme mandat de veiller sur l’enfant, dans ses cauchemars, la nuit, comme dans ses peines, le jour, même si elle redevient invisible.

Un livre rempli de bienveillance qui déboulonne gentiment le stéréotype du fantôme. À lire aux enfants qui ont une peur bleue des fantômes!

Dès 4 ans.

Le sac à sorcière, Agnès de Lestrade et Robin, Éditions Nathan

Lili reçoit un cadeau super cool: une poupée sorcière capable d’exaucer n’importe quel vœu. Ni une ni deux, Lili murmure son souhait à l’oreille de la poupée, sans prendre la peine de lire toutes les instructions. Alors, oui, ça marche… mais pas exactement comme elle l’imaginait!

Un petit roman destiné aux jeunes lecteurs. Le texte est assez gros, bien fourni en dialogues et en images colorées. Il y a quelques pages pleines de texte qui peuvent demander un peu de soutien auprès d’un lecteur débutant. Cependant, comme de nombreux rebondissements surviennent, le rythme de l’histoire va bon train et cela rend la lecture captivante.  La poupée sorcière se relève être un prétexte pour aborder le thème de l’enfant unique qui souhaite ici avoir une petite sœur. Ce n’est aucunement une sorcière maléfique et ses pouvoirs sont bien limités. Pourtant, la magie opère, car l’héroïne vit une gamme d’émotions auquel tout enfant se reconnaîtra d’emblée.

Dès 6 ans.

Drôle de prince charmant!, Karine Dupont-Belrhali et Gaëlle Duhazé, Éditions Milan Poche

Yvan, vampire tyrannique, quitte sa Transylvanie natale pour un pays où sa terreur pourra enfin rayonner à sa juste valeur. Avec un ambitieux projet en tête, il monte, avec grogne, le Château de la peur. Gloire et célébrité sont immédiatement au rendez-vous! Mais voilà que débarque de nulle part la princesse Zina. Elle doit trouver rapidement un prince charmant et pour cela elle compte bien utiliser le château à son avantage.

Un sympathique roman très au goût du jour avec ce vampire moderne qui cherche la célébrité rapide. Les illustrations accrocheuses et rigolotes de Karine Dupont-Belrhali accompagnent magnifiquement bien le texte. Ici, on est complètement dans le thème d’Halloween : vampire, château, peur, bave, pustule, dragon, marmite et toile d’araignée. Le vocabulaire est riche et intéressant à exploiter. On aime également le mélange des genres lorsque le conte de fées (la princesse) rencontre l’histoire d’horreur (le vampire). C’est original et cela demeure léger.

Deux plus dans cette collection! Tout d’abord, les personnages ainsi que quelques mots de vocabulaire (mis en relief dans le texte) sont définis sur les rabats de la couverture. Qui plus est, un dossier de plusieurs pages complète le roman grâce à des petits jeux qui font travailler la compréhension de la lecture. Le plaisir peut donc continuer.

 Dès 6 ans.

Bienvenue chez le fantôme!, Élodie Agin et Amélie Fléchais, Éditions Milan

Dédé le fantôme aspire à une retraite bien méritée. Trois cents ans à faire peur, ça fatigue. Enfin, il a réussi à faire fuir tout le monde! Enfin, il est seul! Enfin… presque. La famille Sanstrouille et leurs deux enfants débarquent au manoir. Dédé va sûrement devoir reprendre du service…

Un court roman très bien adapté aux premiers lecteurs et qui peut aussi être utilisé auprès d’un public plus jeune. D’ailleurs, mes filles de quatre ans ont adoré. Le livre est abondamment illustré par des images en couleur ce qui permet de bien suivre le propos. De plus, même si le personnage principal est un vieux fantôme ronchon, l’histoire met rapidement en avant une famille qui, elle, ne craint aucunement d’avoir peur. L’effet étant de saisir le lecteur, de le surprendre et de le captiver. Pari réussi! Pour les grands comme pour les petits, ce roman est bien amusant.

Le plus : ce titre s’insère dans une collection bien garnie de romans du même genre. Faciles, bien ficelés et attrayants! C’est bien simple, mes enfants sont conquis et en redemandent encore.  Les jeux présentés à la fin de l’histoire représentent un excellent moyen de passer un bon moment parent-enfant, mais aussi de stimuler le plaisir de la lecture.

Dès 6 ans.

Les méchants, Épisode 1, Aaron Blabey, Éditions Scholastic Canada

Loup a un plan très ambitieux. Il veut changer la réputation des méchants en les transformant en héros. Pour ce faire, il a jeté son dévolu sur trois vilains coéquipiers : M. Serpent, M. Piranha et M. Requin. Ensemble, ils vont réaliser des bonnes actions! Enfin… c’est ce qu’il veut, c’est ce qu’il dit mais…

La page couverture m’a immédiatement attirée! Le titre, la bouille des personnages et la photo de style criminel: j’étais certaine que mes enfants adoreraient! Et, comme de fait, ils l’ont dévoré en une bouchée. Ce roman graphique en noir et blanc nous fait passer un moment très divertissant en compagnie de ces monstres déjantés. Ils menacent, crient, « gueulent », lancent des regards effrayants et prennent le lecteur à parti. Le loup est particulièrement désopilant par sa façon de faire brutale qui est en décalage (TOTAL!) avec son discours sur la gentillesse. Dans ce tome, M. Loup nous présente ses trois acolytes en fournissant, notamment, un accès privilégié à leur dossier criminel (on aime ce genre de détail!). Ces derniers font donc partis, malgré eux, du club des Gentils et le plan est de libérer les animaux détenus d’une fourrière. Une grande et belle action qui aura un effet plutôt mitigé. En tout cas, le ton est franc et l’humour est incisif. Un style qui, selon moi, plaira grandement aux jeunes!

Dès 7 ans.

Le fantôme d’Anya, Vera Brosgol, Éditions la courte échelle

Anya, jeune immigrante russe, intègre une école privée américaine et ce n’est pas facile. Pour éviter les moqueries de ses camarades, elle consacre beaucoup d’énergie à gommer son accent, sa silhouette ainsi que ses origines. Elle aimerait tellement se fondre dans la masse. Un jour, en rentrant de chez elle, elle tombe dans un puit abandonné. Et, comble de malchance, celui-ci est hanté par un fantôme! Emily Reilly y est décédée il y a environ 90 ans. Grâce à un petit morceau d’os de cette dernière, le spectre suit Anya partout et l’aide à avoir plus de confiance en elle. Devoirs, look, relations amoureuses, tout semble désormais plus facile! Néanmoins, la cohabitation entre les deux adolescentes montre rapidement des failles. Le piège semble se refermer peu à peu sur Anya qui réalise que sa nouvelle « amie » n’est pas exactement celle qu’elle prétend être…

À lire et à faire découvrir! Absolument!

J’ai dû insister auprès de mon plus vieux pour qu’il ne se laisse pas influencer par la page couverture (un brin féminin pour lui…) et le style du livre (une bande dessinée en noir et blanc en petit format), mais mes efforts ont été récompensés. Je l’ai convaincu et vous savez quoi? Il a adoré! Pourquoi? Car, comme moi, il a été transporté hors de sa zone de confort. Le lecteur se sent dupé et pris au piège au même titre que l’héroïne. Un roman qui conjugue habilement la vie de cette adolescente russe et le passé du fantôme d’Emily, les manques et les difficultés de l’une comme de l’autre dans les sphères amoureuses et familiales. Le suspense est tel qu’on a de la difficulté à lâcher le livre : on veut absolument savoir! L’originalité de cette histoire réside notamment dans la richesse de ses personnages et celle des thèmes abordés. Anya chemine grandement sous les yeux du lecteur. Elle finit notamment par réaliser que sous l’apparence et la vie des jeunes qu’elle envie se cachent des comportements peu glorieux.

Dès 12 ans.

0-5 ans, Suggestions et critiques

« Il était une fois Guillaume Rioux, le poisson orphelin» d’Élise Turcotte et Marc Mongeau

Racontée par Élise Turcotte et illustrée de superbes images de Marc Mongeau, Il était une fois Guillaume Rioux, le poisson orphelin est l’occasion de réfléchir au traitement fait aux animaux.

C’est l’histoire d’un garçonnet de 3 ou 4 ans qui se nomme Gabriel. Enfant unique et n’ayant pas beaucoup d’amis, le petit Gabriel aimerait bien avoir un animal à soi pour en faire son ami. En fait, il adore les petites bêtes et ne manque pas de le faire savoir à ses parents. Il a même déjà soigné un animal sauvage blessé. Aussi, réclame-t-il constamment d’avoir un compagnon animal. Cependant, ses allergies lui laissent peu de choix. C’est pourquoi, ses parents lui offrent un poisson rouge. Le petit garçon est bien perplexe devant son aquarium. Alors qu’il s’attendait à ce que son nouvel ami nage avec entrain, ce dernier est plutôt amorphe. Gabriel se demande s’il a commis une erreur en adoptant Guillaume Rioux, le poisson orphelin. Il croit que son poisson n’est pas heureux dans son aquarium alors que ce denier lui semble somptueux, orné d’un minuscule coffre aux trésors et sa plante aquatique. Le garçonnet pense que aquarium est trop petit et que cela serait la cause de la tristesse de son poisson rouge.  Il entreprend donc de donner une nouvelle vie à son poisson et de lui rendre sa liberté. C’est ainsi, qu’en dépit de son chagrin immense de quitter son ami pour toujours, il se rend au lac artificiel du parc où il l’installe.  Son ami Guillaume Rioux, le poisson rouge, étant un peu perdu au fond de cet environnement boueux et peu éclairé. Le garçon constate aussi que les menaces semblent encore plus nombreuses que dans le petit aquarium. Un revirement impromptu fera en sorte que les deux compagnons seront de nouveau réunis et que leur amitié sera scellée à jamais.

Illustré avec de belles couleurs et dans un langage simple et accessible, ce petit livre donne l’occasion aux parents et aux bambins de faire une réflexion sur le bien-être des animaux, tant ceux qui vivent en pleine nature que ceux qui vivent en notre compagnie. On y traite entre autres, de l’abandon animalier autant que la mise en captivité des animaux sauvages. C’est aussi l’occasion de réfléchir sur la sécurité aux abords des cours d’eau et au fait d’être seul dans la rue et au parc.

Dès 3 ans.

6-11 ans

Prix des libraires – Sélection 6-11 ans: les impressions de notre équipe

Le 28 février dernier, l’Association des libraires du Québec remettaient les Prix des libraires pour la sélection jeunesse. Chez WOW lecture, nous avons décidé de vous présenter les finalistes de chacune des catégories et de vous livrer nos impressions. Voici donc notre texte présentant les finalistes dans la catégorie 6-11 ans Québec et hors Québec. 

FINALISTES 6-11 ANS – QUÉBEC

Mammouth Rock, Eveline Paquette et Guillaume Perreault, la courte échelle

GAGNANT

Présenté par Cathy Bérubé

Lorsque j’ai fait la lecture du livre Mammouth Rock à mes fils de 6 et 8 ans, ils ont été captivité du début à la fin.  D’abord intrigués par la page couverture, mes enfants ont trouvé rigolo qu’un mammouth puisse être un animal de compagnie. Les couleurs et les illustrations en font un ouvrage dynamique et vivant. L’écriture est facile à lire, mais aussi à comprendre pour mes petits lecteurs de la maison. La structure du livre fait en sorte que mes enfants ont été curieux tout au long de l’histoire. Le tout est raconté avec beaucoup d’humour et de légèreté. Un livre que je recommande vivement.

 

 

 

Azadah, Jacques Goldstyn, La Pastèque

Présenté par Marie-Michèle Martel

Grand gagnant du Prix du Gouverneur général 2017, Azadah mérite bien sa place parmi les finalistes. Voici le texte que nous vous avions proposé à ce moment-là.

Dans un pays du Moyen-Orient, une photographe occidentale doit retourner chez elle. Avec son départ, la petite Azadah perd l’espoir de pouvoir avoir un avenir meilleur. Elle voulait aller à l’école et apprendre un métier. Déchirées, elles ont de la difficulté à se quitter. La photographe laisse donc son sac à Azadah pour lui donner une chance d’apprendre plus. Azadah observe longtemps le contenu du sac. Elle se prend en main et s’envole vers d’autres horizons.

Fidèle à son habitude, Jacques Goldstyn véhicule un grand message en peu de mots. En effet, l’auteur-illustrateur utilise très peu de mots dans cet album. Les illustrations parlent d’elles-mêmes. C’est un bel album pour débuter la réflexion sur les conflits au Moyen-Orient. On y parle notamment des bâtiments détruits et des minces espoirs de s’en sortir.

Les vieux livres sont dangereux, François Gravel, la courte échelle

Présenté par Marie-Michèle Martel

Le professeur de Mathieu le surprend à dormir en classe. Il est rapidement envoyé à la bibliothèque. Le bibliothécaire, qu’il n’avait jamais vu jusqu’à présent, lui propose un travail ; il lui donnerait un coup de pouce pour classer les livres au sous-sol. Une affaire de quelques samedis…

Voici un roman qui permettra aux jeunes lecteurs de se lancer dans le mystère. Voici un extrait de notre critique complète : « Bien que l’histoire soit simple, elle convient parfaitement aux nouveaux lecteurs. L’intrigue est soutenue et si votre enfant a une imagination débordante, il aura des frissons dans le dos. J’ai moi-même hésité à aller à la salle de bain pendant la nuit en pensant à l’ambiance de ce roman. Par contre, j’ai trouvé que l’intrigue se terminait abruptement. Je pense que l’auteur aurait pu étirer un peu la finale. »

** Pour notre article complet sur Les vieux livres sont dangereux, cliquez ici.

FINALISTES 6-11 ANS – HORS QUÉBEC

Pax et le petit soldat, Sarah Pennypacker et Jon Klassen, Gallimard jeunesse

GAGNANT

Présenté par Marie-Michèle Martel

La guerre arrive. Le père de Peter s’enrole. Comme la mère de Peter est décédée, son père décide d’aller le porter chez son grand-père. Pour cela, il doit dire adieu à son meilleur ami, Pax, un renard roux domestiqué. Le père de Peter le force à le relâcher dans la nature. Comment peut-on l’obliger à se séparer ainsi de son animal ? Peter, plus déterminé que jamais, s’enfuit de chez son grand-père pour partir à la recherche de Pax. Les embûches seront nombreuses, mais retrouvera-t-il Pax vivant ? Après tout, il n’a jamais été seul dans la nature…

Pax et le petit soldat a touché les cœurs du monde entier. Je ne serais pas surprise qu’on annonce un film inspiré de cette histoire. Tout y est : un jeune homme courageux, une rencontre inattendue, un renard attachant. C’est un livre sur l’histoire de la vie et de l’amitié. On y apprend beaucoup sur la vie, sur ce que l’on est. On découvre l’influence que les autres peuvent avoir sur nous, même après une seule rencontre. On se rend compte qu’on peut changer rapidement au contact de certaines personnes. Surtout, on apprend que, quand on aime, on doit laisser vivre l’autre aussi.

Je l’avoue, j’étais certaine qu’il gagnerait. J’avais tant entendu parlé de ce livre que mes attentes étaient très hautes. Alors, quand j’ai refermé le livre, je me suis dit que je n’aurais pas choisi ce livre pour gagner le prix. J’étais déçue par le rythme. J’ai trouvé qu’on avait mis la barre très haute pour ce livre, qui est à mon sens un roman initiatique plutôt classique.

Cours, Davide Cali et Maurizio A.C. Quarello, Sarbacane

Présenté par Joaquim 

Comment réagir face à un jeune garçon violent, une personne qui se bat tout le temps et dont l’étiquette de « mauvaise graine » colle à la peau? M. Chapman, le nouveau directeur de l’école, lui, intervient différemment lorsqu’il rencontre Ray. Il ne le punit pas, ne le gronde pas, ne crie pas, non : il lui parle, il l’écoute et lui sourit! Ray est déstabilisé, sa curiosité est piquée… (la nôtre aussi!) Et puis, cet homme apprécie la boxe comme lui. Il le met même au défi de lui montrer de quoi il est capable! Mais pour être un bon boxeur, il faut avoir du souffle et ça juste la course peut l’y aider. Alors, même si Ray a des doutes, il suit le conseil du directeur et dès lors il « cours! ».

« Cours! » est l’histoire vraie de Théodore Ray Lewis : un afro-américain qui a pu changer le cours de sa vie positivement grâce à la bonne influence de son directeur d’école, mais aussi grâce au sport et à l’école. Une histoire pleine d’espoir qui parle du changement et de l’évolution d’un garçon dont le destin semblait pourtant tout tracé.

Courir, l’aide à canaliser son énergie. Plus calme, il se concentre davantage et étudie mieux. De meilleures notes l’aident à apprécier l’école, mais aussi à moins se battre et à se faire des amis. De fil en aiguille, Ray se réconcilie avec l’école et la vie. Il trouve sa place.

C’est un bon livre je trouve car il nous rappelle qu’il suffit d’une seule personne pour faire la différence dans la vie. C’est encourageant car cela nous montre que tout est possible, qu’il suffit d’y croire!

Un garçon nommé Noël, Matt Haig et Chris Mould, Hélium

Présenté par Mélissa Garant

Nicolas – surnommé Noël car il est né un 25 décembre – est un jeune garçon qui vit pauvrement avec son père, Joël, bûcheron, dans une petite cabane en bois, en Finlande. Un jour, un chasseur se présente chez eux afin de proposer à Joël une mission royale: rapporter au roi une preuve de l’existence des lutins. Voyant l’occasion de gagner une bonne somme d’argent, Joël part vers Lutinbourg en laissant Nicolas auprès de sa tante Carlotta. Après d’horribles supplices de sa part et ne voyant pas son père revenir, Nicolas décide de partir à son tour vers Lutinbourg. Sur le chemin, il fait la rencontre d’un renne blessé qu’il nomme Éclair et qui l’aidera à atteindre son but. Une fois le village des lutins atteints, ils sont accueillis par le Père Topo et Tite Nouch. Mais contrairement à ce que Nicolas croyait, les lutins ne sont pas aussi joyeux et bons. Le garçon apprendra que l’ambiance a changé au pays des lutins le jour où un lutin nommé Ti Kip a été kidnappé par des hommes… Il fera tout en son pouvoir pour le retrouver et ramener la joie de vivre et la confiance à Lutinbourg.

Matt Haig nous offre un merveilleux conte de Noël où tous les ingrédients sont présents pour tenir le lecteur en haleine jusqu’à la toute fin. Rempli de rebondissements et de magie, on ne veut plus refermer le roman tant qu’on a pas découvert si Nicolas retrouvera son père et comment il atteindra son fabuleux destin de Père Noël. À travers les 250 pages, les illustrations en noir et blanc de Chris Mould permettent d’aérer le texte et facilite ainsi la lecture aux jeunes. Un roman qui partage de plus de belles valeurs telles que: l’entraide, la générosité, l’amitié et la solidarité. Je dois avouer que j’ai eu un petit coup de coeur pour le personnage de la Fée de la Vérité que je vous laisse découvrir… Bref, un livre à mettre absolument sur votre liste! De mon côté, j’ai bien hâte de lire la suite: La fille qui a sauvé Noël.

 

6-11 ans, Suggestions et critiques

Dans la bibliothèque de… Marie-Michèle !

 

J’ai demandé à mes collaborateurs de vous proposer trois coups de coeur de leur bibliothèque, que ce soit leur bibliothèque actuelle ou celle de leur jeunesse. Voici maintenant… mes coups de cœur !

 

Dans cet article, j’ai décidé de vous parler de ma bibliothèque de jeunesse. Tout simplement parce que je vous présente souvent les livres qui sont dans la bibliothèque de mes enfants. Du coup, vous commencez à me connaître.

J’ai même choisi de vous parler de romans jeunesse. J’ai beau chercher, les premiers livres qui me reviennent en tête ne sont pas des albums. Il y a quelques mois, en faisant le ménage de ma bibliothèque, j’ai décidé de donner plusieurs romans jeunesse à un jeune cousin. Pourtant, ceux que je vais vous présenter, j’étais incapable de m’en départir. Ils faisaient ressortir un sentiment de bien-être. Je les ai donc gardés au sein de ma bibliothèque.

Klonk (et toute la série), François Gravel, Québec Amérique

En 2010, je faisais un DESS en édition à l’Université de Sherbrooke au campus de Longueuil. J’ai eu un cours d’édition du manuscrit. Quand la prof nous a annoncé que François Gravel serait invité lors d’une des séances, je CA-PO-TAIS ! J’adore François Gravel. Encore aujourd’hui, dès que l’occasion se présente, je lis ses livres jeunesse.

Le jour J, j’ai apporté mon exemplaire de Klonk. J’ai attendu patiemment tout le cours… et pendant la deuxième partie de celui-ci, il s’est assis à côté de moi. Mes yeux de petite fille brillaient ! François Gravel, à côté de moi. Je me sentais toute gênée de lui demander d’autographier mon exemplaire de Klonk ; j’avais quand même 22 ans !

Qui est Klonk ? C’est un ami, mais aussi un personnage mystérieux. Comment Klonk fait-il pour disparaître et réapparaître ? Ou est-ce le narrateur qui rêve ? Dans le premier tome, ce dernier vous raconte sa rencontre avec Klonk et leur amitié qui dure depuis.

Klonk est une belle déclaration d’amour à la lecture, mais aussi à l’amitié. Au fil des tomes, Klonk conserve son côté mystérieux. Bien sûr, je ne pourrais vous faire une critique détaillée. Il y a bien longtemps que je l’ai lu. Par contre, je me souviens bien qu’il y avait une file d’attente à la bibliothèque de l’école pour emprunter les livres de la série. Un livre qui plaira aux filles et aux garçons.

Dès 7 ans.

Disponible en roman et aussi, en version illustrée (c’est nouveau ça !)

« Vous pouvez lire mon texte sur Les vieux livres sont dangereux. Le dernier livre de François Gravel que j’ai lu. »

La licorne des neiges, Claude D’astous, Pierre Tisseyre

Les licornes sont à la mode et pourtant, la première fois qu’une licorne m’a marquée, c’était dans La licorne des neiges de Claude D’astous. Alors qu’elle passe les fêtes chez ses grands-parents, Isabelle fait la rencontre d’un cheval blanc majestueux. À la seconde rencontre, elle découvre qu’il s’agit d’une licorne. Même si les adultes ne la croient pas, elle leur montrera qu’ils ont tort. Malheureusement, les adultes voudront tirer profit de l’animal magique. Isabelle pourra-t-elle protéger la licorne des pensées malveillantes des adultes du village ?

Dans mes souvenirs, ce roman est si doux, si magique. J’ai rarement relu des livres deux fois dans ma vie. Pourtant, celui-ci fait partie de la courte liste. Je l’ai relu plusieurs fois avec bonheur quand j’étais jeune.

Dès 8 ans.

Le garçon qui rêvait d’être un héros, Sylvain Trudel, la courte échelle

Voilà un autre livre qui a l’honneur d’être sur la courte liste des livres que j’ai relus plusieurs fois. Le garçon qui rêvait d’être un héros est l’histoire Louis, un jeune garçon rêveur et de sa famille. Un mois avant Noël, l’enseignante de Louis propose que tous les élèves se rassemblent pour créer des paniers de Noël pour les familles démunies. Quelle belle idée… jusqu’à ce que Louis découvre que sa famille fait maintenant partie de ces familles. Armé de son imagination, Louis aimerait bien être son super-héros préféré pour protéger sa famille de la misère qui les touche, quelques semaines avant Noël.

Quand je pense à ce roman, je pense immédiatement à la générosité. Puis, il me vient une émotion puissante. Quand on est jeune, on veut être comme tout le monde. On veut faire partie de la gang. On ne veut pas être le plus pauvre, celui qui a eu le moins de cadeau, celui qui n’a pas de giga lunchs, etc. Pourtant, c’est ce qui arrive à Louis. J’ai toujours été touché par ce livre. Les émotions de Louis sont vraiment puissantes.

Dès 7 ans.

Ce livre est épuisé. Rendez-vous à la bibliothèque pour le trouver.

Petit bonus.

Ani Croche, Bertrand Gauthier, la courte échelle

Je ne pourrais vous raconter exactement l’histoire d’un livre d’Ani Croche et pourtant, je la sens bien ancrée dans mes lectures de jeunesse. C’est l’histoire d’une fille pas super populaire ou super moche, juste une fille ordinaire. Ce sont ses aventures de tous les jours avec les challenges des ados. Des romans qui se lisent super bien ! Ani Croche a d’ailleurs été rééditée dans une superbe collection colorée !

Dès 9 ans.

 

 

 

 

12 ans et plus, 6-11 ans

La peur

Pour le mois des émotions, Joaquim s’est attaqué à la peur! Un article très complet pour vos grands lecteurs à la maison… qui aiment avoir une petite frousse!

Seuls: la disparition (tome 1), Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, Dupuis 

Cinq enfants, qui ne se connaissent pas, se réveillent un matin, dans un décor de fin du monde. Leurs proches ont tous disparus, sans laisser de trace. Pire encore, toute la population a disparue. Non, ce n’est pas un cauchemar, mais la réalité. Ils sont seuls dans cette grande ville fantôme où un terrible silence règne désormais. Que s’est-il passé? Pourquoi sont-ils les seuls survivants? Quel lien les unissent? Ils vont tenter de découvrir ce qu’il s’est passé et essayer de survivre dans un monde où les dangers sont nombreux. Ils devront surmonter leurs peurs et se débrouiller, seuls, mais aussi comme des adultes.

Voici une bande-dessinée très troublante. Les parents, les adultes, représentent tout pour un enfant. Ils apportent du réconfort, de la protection, des vivres, un toit, de l’argent, de l’amour etc. Ils répondent à leurs besoins essentiels. C’est épeurant d’imaginer un monde sans eux, une vie sans ce point de repère. On comprend que ces enfants se mettent en mode panique parfois. (Je ferais pareil!) Cette série de 10 tomes (pour l’instant) est captivante et le suspense évolue à chaque tome. On découvre peu à peu des facettes de la personnalité de chaque enfant (âgés entre 5 et 12 ans) et des pans de leur histoire personnelle. Et, comme ils viennent d’horizons différents, ça rend le récit très riche. Enfin, les dangers sont nombreux, l’action est constante. Les enfants luttent sans relâche pour leur survie. Et, pourtant, étrangement, on n’a presque pas hâte que ça s’arrête, car on s’attache à eux. Angoissant, mais captivant. À lire!

Dès 9 ans… selon la personnalité de l’enfant.

L’agence Mysterium : L’étrange cas de Madame Toupette, Alexandre Côté-Fournier et Sophie Bédard, La courte échelle

Justin, 11 ans, commence ses vacances d’été avec l’intention ferme de ne plus jamais retourner à l’école. Il a fini son année avec un goût amer. Ennui, enseignant soporifique et matières difficiles ont fini par le dégoûter de l’école. Il se met donc en tête de travailler. Avec le soutien de ses deux meilleurs amis, Odile et Jérôme, il va fonder l’agence de jeunes détectives « Mysterium ». Son objectif : résoudre les petits crimes! Leur première enquête portera sur un cas particulier : le chat de Mme Toupette qui se fait maltraiter physiquement par des inconnus. D’apparence simple, cette affaire prendra toutefois une tournure inquiétante. Les enfants devront surmonter leurs peurs pour affronter les dangers et trouver le coupable.

Mener une enquête en pleine nuit, sans la permission des parents, chez une vieille dame étrange, dans une demeure aux allures de maison hantée, voilà ce à quoi, Alexandre Côté-Fournier, l’auteur, nous invite. J’ai bien aimé ce livre, car le suspense et la peur étaient au rendez-vous. L’histoire est réaliste et bien construite. L’intensité monte d’un cran à chaque chapitre. De plus, le texte est accompagné de beaucoup d’illustrations, de typographies variées, de textos et de bulles de dialogues. J’ai donc bien apprécié cette touche originale et, avouons-le, plutôt « cool », qui rend la lecture plus dynamique. Ce livre fait partie de la collection noire de La courte échelle qui est destinée aux amateurs de sensations fortes (horreur, suspense, enquête).

Dès 9 ans.

Chaire de poule: Les épouvantails de minuit, R. L. Stine, Éditions Scholastic

Durant les vacances d’été, Julie et son frère Mark ont l’habitude de quitter la ville pour passer un mois à la ferme. Ils s’attendent à profiter des grands espaces auprès de leurs affectueux grands-parents, mais c’est tout le contraire qui se passe. Ces derniers sont différents, voir mystérieux. Leur grand-mère ne prépare plus de crêpes au chocolat et leur grand-père ne raconte plus d’histoires d’horreur. Henry, l’ouvrier agricole de la ferme semblent, lui, avoir pris de l’importance et être maintenant craint par leurs grands-parents. Il se vante d’avoir donné vie aux épouvantails grâce à un livre de sorcellerie dans lequel il aurait déchiffré une formule magique. Les repères des jeunes basculent. Des événements étranges se produisent. Quel mystère entoure donc ces épouvantails?

Vous aimez avoir un peu peur? Si oui, alors la collection Chair de poule est pour vous! Suspense garantie jusqu’à la fin! Ce livre m’a bien plu et il m’a donné envie de lire les autres livres de la collection. Il semblerait y avoir au moins 70 tomes, de quoi bien remplir mon année 2018!

L’histoire n’est pas trop effrayante, ni trop intense et la violence est minime. L’auteur, R.L. Stine, a utilisé une juste dose des ingrédients qui composent un bon livre de peur pour enfant (selon moi). Même si, en général, je préfère les romans graphiques, dans ce cas, je n’ai pas trouvé que c’était un handicap. Le texte décrit vraiment bien les paysages et les personnages. Je me suis mis facilement dans la peau de ces deux jeunes qui viennent de la ville. Le récit évolue bien aussi: le doute et la peur s’installent dans l’esprit des personnages et chez nous aussi! J’avais vraiment hâte de connaître la fin!

Dès 8 ans.

Sweet Sixteen, Annelise Heurtier, Casterman

Sweet Sixteen est un roman qui évoque une période cruciale dans l’histoire des États-Unis : la fin de la ségrégation raciale dans les écoles publiques. Le récit quoi qu’un peu romancée, se base sur une histoire vraie, celle de Melba Pattillo. L’histoire se déroule en Arkansas, plus précisément à Little Rock. En 1957, neufs étudiants noirs sont sélectionnés pour intégrés le Lycée central comptant 2500 élèves blancs. L’histoire va nous raconter la vie de deux jeunes filles, Molly (une des étudiantes afro-américaine) et Grace (une étudiante blanche), âgée de 15 ans, qui vont partager la même classe lors de cette année scolaire particulière.

Ce livre a osé aborder un sujet difficile : le racisme. En parlant du combat quotidien de Molly pour survivre dans ce lycée où elle est l’une des cibles des élèves racistes, on comprend que les enjeux sont majeurs. Ils ne touchent pas seulement la petite vie et la petite ville de Molly mais plutôt tout le pays et tous les citoyens afro-américains.

Qui dit racisme, dit violence physique et verbale, mais aussi peur. Cette dernière s’invite donc très tôt dans le texte et elle est présente dans tous les personnages : Molly qui a peur de se faire agresser, les autres personnages afro-américains qui ont peur d’être victime de vengeance, les Américains blancs qui ont peur des bouleversements qui en découleront, et Grace… (mais, je ne peux rien vous révéler!). L’auteur a vraiment réussi à nous transporter dans cette période délicate de l’histoire américaine, mais aussi à nous faire comprendre l’injustice que subisse les victimes de racisme.

Dès 11 ans.

Moi et ma super bande : une colo de tout repos, T. Parvela et Z. Zonk, Nathan

Les enfants de la super bande sont envoyés en colonie, durant les vacances d’été. C’est leur maître (éternel malchanceux!) qui doit les endurer, car le plus grand des hasards a voulu qu’il soit l’animateur de cette colonie. Il pensait venir se reposer à la campagne, mais c’est tout l’inverse qui va se passer bien évidemment! Une simple phrase mal interprétée par les enfants déclenche une avalanche de soupçons. Il n’en faut pas plus pour que la cuisinière de la colonie soit soupçonnée de meurtre! La super bande, remplie de bonnes intentions, fera tout pour la neutraliser coûte que coûte!

Quand j’ai emprunté de livre à la bibliothèque, je pensais que j’allais avoir un peu peur en lisant ce roman, car il semblait parler de danger et de meurtre. En fait, c’est tout le contraire qui s’est produit : j’ai bien rigolé. Même si les enfants ont vraiment peur, le lecteur, lui, a du recul et réalise que les personnages ont une imagination débordante. Ça donne lieu à des échanges et des situations très drôles. On plonge rapidement dans l’absurdité la plus totale. Par exemple, Paulo (c’est d’ailleurs mon personnage préféré dans tous les tomes!) pense être dans un camp de hockey pour améliorer son jeu, alors qu’en fait il est simplement à la ferme. Il y croit dur comme fer jusqu’à la fin du récit. Et, ce n’est pas ses amis qui vont le ramener à la réalité. Ils sont eux-mêmes sur une autre planète comme on dit.

Ce livre est le quatrième tome de la série « Moi et ma super bande ». Il y en a six en tout, pour l’instant. Si un autre est édité, je filerai aussitôt le prendre, car la super bande est super délirante! Les histoires sont faciles à lire. En plus, j’adore les illustrations en noir et blanc avec un peu de couleur pour faire un rappel avec la page couverture. Ce petit détail rend chaque tome vraiment unique.

Dès 8 ans