6-11 ans

«Ruby tête haute» de Irène Cohen-Janca et Marc Daniau, Éditions des Éléphants

Aujourd’hui, dans sa classe, une enseignante présente à ses élèves une reproduction du célèbre tableau de Norman Rockwell: « The Problem We all Live With ». Après les avoir interrogés sur leur ressenti, elle leur raconte la véritable histoire de la petite fille du tableau, Ruby Bridges, première enfant noire à intégrer une école jusque-là réservée aux blancs.

Le lecteur prend donc connaissance que le 13 novembre 1960, escortée par des policiers, Ruby doit affronter les protestations et la haine des Blancs venus manifester devant sa nouvelle école. Comme les parents des autres élèves refusent que leur enfant côtoie une enfant noire, Ruby est seule dans une classe avec son enseignante. Du haut de ses 6 ans, Ruby ne comprend pas bien toute cette haine, mais il lui arrive parfois que la violence s’insinue la nuit, dans ses rêves. Malgré toute cette violence, Ruby garde la tête haute et peu à peu, il y a moins de gens devant l’école, moins de protestations et moins de haine. Ruby peut aller rejoindre les autres enfants dans la grande cour pour la récréation. C’est à ce moment qu’elle réalise que tous ces évènements sont reliés au fait qu’elle est noire. L’année suivante, aucun officier de police l’accompagne pour sa rentrée. Une fois à l’école, Ruby voit d’autres enfants noirs. C’est comme si l’année précédente n’avait pas eu lieu, mais Ruby est transformée pour toujours.

J’aime particulièrement le grand format de l’album, et le fait que sur chaque double page, on retrouve le texte à gauche et l’illustration à droite. Bien que le texte soit assez long, le vocabulaire utilisé est accessible aux enfants dès 9 ans. De plus, Irène Cohen-Janca réussi merveilleusement bien à nous faire ressentir la naïveté et l’innocence de Ruby à travers son écriture juste et sensible.

Les illustrations de Marc Daniau sont fortes, évocatrices et émouvantes. Il arrive à créer des images qui démontrent parfaitement toute la haine et la violence de la foule envers la petite Ruby. Je dirais même que certaines illustrations sont percutantes, plus particulièrement celle où un femme blanche brandit un bébé à la peau noir dans un cercueil. J’avoue que cette dernière a suscité beaucoup de réactions de la part de mes enfants lors de la lecture.

De plus, à la toute fin du livre, on découvre une page explicative au sujet la ségrégation aux États-Unis, du tableau de Norman Rockwell et les dates importantes entourant Ruby Bridges. 

Ruby tête haute est une vraie pépite pour les enseignants qui désirent aborder le racisme et l’égalité avec leurs élèves. Un album indispensable qui retrace un moment important de l’Histoire des États-Unis et qui mérite d’être lu par tous. 

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