0-5 ans

Prix des libraires – Sélection 0-5 ans: les impressions de notre équipe

Le 28 février dernier, l’Association des libraires du Québec remettaient les Prix des libraires pour la sélection jeunesse. Chez WOW lecture, nous avons décidé de vous présenter les finalistes de chacune des catégories et de vous livrer nos impressions. Voici donc notre texte présentant les finalistes dans la catégorie 0-5 ans Québec et hors Québec.

 

FINALISTES 0-5 ANS – QUÉBEC

L’oiseau de Colette, Isabelle Arsenault, La Pastèque

GAGNANT

Présenté par Marie-Michèle Martel

Colette demande à sa maman un oiseau. Malheureusement, sa mère refuse. Comme elle vient d’aménager dans un nouveau quartier, une petite fille vient à sa rencontre dans la ruelle. Elle lui demande si tout va bien. Colette lui dit qu’elle a perdu son oiseau. Au fil des cours des voisins, les enfants de la ruelle partiront à la recherche de l’oiseau de Colette… Un oiseau imaginaire en fait !

Les albums d’Isabelle Arsenault, en solo ou en duo, sont toujours d’une grande douceur. Ses illustrations sont magnifiques. Les teintes de gris sont loin d’être ennuyeuses. Une histoire également qui met de l’avant l’imagination. Heureusement, les enfants du voisinage ont apprécié l’imagination débordante de Colette, sans quoi ils auraient été bien déçus et fâchés de savoir que cet oiseau n’existe pas en fait.

Frida, c’est moi, Sophie Faucher et Cara Carmina, Édito

Présenté par Julie Lévesque

Je me souviens encore quand j’ai découvert l’artiste peintre mexicaine Frida Kahlo dans le film biographique Frida. J’étais alors une jeune adulte fascinée par cette femme talentueuse qui avait vécu au début du 20e siècle une vie difficile à cause de sa santé. Je la trouvais inspirante, car elle était féministe, avant-gardiste et parce qu’elle vivait la vie qu’elle voulait, malgré les contraintes de l’époque pour une femme. Je me demandais pourquoi personne, que ce soit dans mes cours d’arts, d’histoire ou autres, ne m’avait parlé d’elle.

 

Cet été, j’ai donc été agréablement surprise quand ma fille a reçu pour son anniversaire le livre Frida, c’est moi qui lui a permis de découvrir cette grande peintre. J’ai aussitôt été conquise par la façon dont Sophie Faucher nous dépeint l’enfance de Frida. Elle nous la raconte à travers différentes périodes ou évènements marquants de sa jeunesse et nous fait en même temps découvrir les coutumes mexicaines. Le procédé utilisé par l’auteure, à la fin de chaque épisode, capte l’attention du lecteur qui a hâte de savoir quelle « Frida-elle-sera » à la page suivante. Ma fille et moi avons adoré les magnifiques images pleines de détails et de couleurs vives où les personnages ont tous de grands yeux brillants comme des diamants. Au final, c’est un livre ravissant qu’on ne se lasse pas de lire et de regarder. Maintenant, j’ai hâte d’aller me procurer la suite Moi, c’est Frida Kahlo où on y raconte sa vie d’adulte. Je vous reviens sous peu avec la critique!

Le jardin invisible,Valérie Picard et Marianne Ferrer, Monsieur Ed 

Présenté par Mélissa Garant

La jeune Ariane visite sa grand-mère à l’occasion de l’anniversaire de celle-ci. La voilà qui s’ennuie au milieu de tous ces adultes. Son père lui propose d’aller s’amuser dans le jardin et c’est à ce moment qu’Ariane découvre un caillou, pourtant bien ordinaire, mais qui la transporte dans un monde où tout est possible. Voyager bien cramponnée à un akène de pissenlit en compagnie de libellules, accompagner les sauterelles dans leur course folle, chevaucher bravement le dos d’un dinosaure, se lancer à la quête d’étoile à l’aide d’un filet et saisir le sommet d’un montagne pour effectuer quelques ricochets sur l’eau avant d’y plonger pour espionner les poissons. Et si le jardin invisible était un rêve ?

Les illustrations de Marianne Ferrer sont magnifiques et d’une grande richesse. Les formes généreuses, les couleurs profondes et les textures embrumées nous envoûtent complètement. Je n’ai pu faire autrement que de me laisser bercer dans le jardin invisible. Je m’y suis sentie à certains moments minuscules et à d’autres, infiniment grande. Un doux voyage dont on reste marqué après en avoir terminé la lecture. Avec peu de mots, Valérie Picard ajoute un certain rythme au récit et rend ainsi la lecture plus dynamique. Un album qui permet au lecteur de s’évader, de rêver. À contempler encore et encore!

FINALISTE 0-5 ANS – HORS QUÉBEC

Le bain de Berk, Julien Béziat, Pastel (École des loisirs)

GAGNANT

Présenté par Mélissa Garant

Laissé sur le rebord du bain, Berk le canard glisse et tombe dans l’eau. Voyant le doudou se démener, les quatre jouets de bain croient qu’il est en train de se noyer. Chacun leur tour, Drago le dragon, Trouillette la tortue, Poulp la pieuvre et Aspiro l’éléphant tentent de lui venir en aide. Pendant ce temps, Berk tente à plusieurs reprises de leur dire quelque chose: «Gléglègligliglangleuglin!» et «Chéchèchichichancheuchin!» mais les jouets entendent que des appels à l’aide de la part de Berk! Pendant que Trouillette croit que c’est la fin pour Berk, Aspiro bouche la baignoire avec son derrière et aspire toute l’eau du bain. Ouf! Tous les jouets sont sains et saufs. Berk peut enfin leur dire pourquoi il a tenté, en vain, de les avertir… Avez-vous devinez? Il a fait pipi dans le bain! Berk porte bien son nom!

Julien Béziat nous offre ici un album très rigolo et des petits personnages bien attachants. Le texte est parsemé d’onomatopées ce qui donne de la vivacité au récit. Je ne me lasse pas de le lire et relire encore à mes enfants. Les illustrations vives et lumineuses en double-page suggèrent des angles de vue variés et appuient les différents traits de caractères des personnages. Mention spéciale à Trouillette la tortue et ses expressions hilarantes qui donnent un ton préoccupant, voir alarmant, à l’histoire. Rempli d’humour et d’amitié, Le bain de Berk ravira les petits comme les grands. Un livre coup de coeur pour mes deux plus jeunes de 3 et 5 ans.

Comme tout le monde, Charlotte Erlih et Marjolaine Leray, Talents hauts

Présenté par Marie-Michèle Martel

Une « petite roulette, bariolée et un peu boulotte » sillonne le monde. Elle voit du pays. Puis, lorsqu’elle voit que ses pneus sont usés, elle décide de s’arrêter dans un petit village. Aussitôt arrivé, les maisons du village se mettent à la critiquer : elle ne peut pas être à la fois une maison et un camion, elle ne peut pas avoir de roue, elle ne peut pas être colorée, etc. De jours en jours, la petite roulotte tente de se faire aimer… Un jour, elle comprendra qu’elle peut être elle-même. Pas besoin de vouloir être comme tout le monde. Après tout, tout le monde a ses problèmes…

Comme tout le monde est vraiment un bel album. Le message est simple et puissant : s’accepter tel que l’on est. Le traitement est super intéressant ! Du côté des textes, on a des rimes, du texte qui semble chanter. Il y a des bulles et aussi, des images pour appuyer les paroles des personnages. Il faut dire que le texte est grandement soutenu par le travail de Marjolaine Leray aux illustrations. Au départ, je n’étais pas certaine d’apprécier le traitement au crayon de cire. Et pourtant ! Surprise ! Les illustrations prennent vie, littéralement ! Les maisons du petit village sont impressionnantes et tellement puissantes. On pourrait se croire dans un film d’animation. Que dire de la petite roulotte ! On aimerait tellement la prendre dans nos bras et l’adopter. Il faut l’essayer absolument !

Koi ke bzzz, Carson Ellis, hélium

Présenté par Justine Mathieu

« Koi ke bzzz? » … Du russe? Du tchèque? Du roumain? Que nenni! Voici un album au langage universel où chacun ira de sa propre interprétation en le lisant. Carson Ellis, auteure originaire de Vancouver, vous emmène dans le monde des mille et une pattes pour découvrir la force, mais aussi la fragilité de la biodiversité. De la naissance d’une plante jusqu’à sa disparition en passant par sa floraison, fourmis, libellules, coccinelles et autres arthropodes usent d’inventivité pour la gravir au fil de son éclosion. Les discussions dans ce dialecte animalier vont bon train et amuseront petits et grands qui se prêteront à leur lecture drôlissime. À condition d’y mettre le ton bien sûr.

Artiste en herbe, Carson Ellis déploie tout son talent et toute son imagination pour nous dresser un portrait éphémère de notre belle nature. C’est là toute la richesse de son second album poétique, tendre et délicat autant par ses illustrations que par sa façon d’aborder le thème choisi.

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