0-5 ans, 12 ans et plus, 6-11 ans, Suggestions et critiques

Les finalistes Jeunesse au Prix du Gouverneur général, une présentation de WOW lecture

Chaque année, le Conseil des arts du Canada récompense les meilleurs livres de langue française et de langue anglaise dans sept catégories. Comme WOW lecture est 100% littérature jeunesse, nous vous présentons les finalistes de cette année. Vous y découvrirez également les gagnants.

Un gros merci à mes collaborateurs qui ont pris le temps de lire ces livres pour faire cette belle présentation.

Littérature jeunesse – Livres illustrés

Azadah, Jacques Goldstyn, Éditions de La Pastèque

GAGNANT

Dans un pays du Moyen-Orient, une photographe occidentale doit retourner chez elle. Avec son départ, la petite Azadah perd l’espoir de pouvoir avoir un avenir meilleur. Elle voulait aller à l’école et apprendre un métier. Déchirées, elles ont de la difficulté à se quitter. La photographe laisse donc son sac à Azadah pour lui donner une chance d’apprendre plus. Azadah observe longtemps le contenu du sac. Elle se prend en main et s’envole vers d’autres horizons.

Fidèle à son habitude, Jacques Goldstyn véhicule un grand message en peu de mots. En effet, l’auteur-illustrateur utilise très peu de mots dans cet album. Les illustrations parlent d’elles-mêmes. C’est un bel album pour débuter la réflexion sur les conflits au Moyen-Orient. On y parle notamment des bâtiments détruits et des minces espoirs de s’en sortir.

Dès 3 ans, mais 5 ans et plus pour la compréhension.

(Présentation par Marie-Michèle Martel)

En Voiture!, Pascal Blanchet, Éditions de la Pastèque

Ce formidable livre documentaire emmène son lecteur à parcourir l’Amérique du Nord, de Montréal à Los Angeles. On y découvre les grands moments de l’histoire du train de passagers ainsi que différentes villes et paysages à couper le souffle. Les informations données sont pertinentes et les faits sont étonnants. Le livre est écrit avec un souci du détail. Lorsque j’en ai fait la lecture à mes fils, ils avaient réellement l’impression qu’ils étaient parmi les passagers du train en plus de détenir leur propre billet! Ils ont été captivés par les informations ainsi que par les illustrations raffinées. Ils ont pu découvrir un peu plus l’historique des trains de passagers ainsi qu’une  partie de leur continent. Un magnifique livre jeunesse que je recommande vivement!

Dès 8 ans.

(Présentation de Cathy Bérubé)

Fred Petitchatminou, Christine Duchesne et Marion Arbona, Éditions de la Bagnole

Découvrez l’univers éclaté de Fred Petitchatminou et de son ami Lapipino Lapin. Dans cet album, vous pourrez lire quatre courtes aventures. Fred Petitchatminou est un chat très généreux. Il cherche constamment à faire plaisir aux autres, que ce soit ses amis ou les personnes qu’il croise dans la rue. Que ce soit pour l’anniversaire de Lapipino Lapin ou pour aider le Tic-toc-choc, il fait toujours preuve d’une grande attention.

Les illustrations de Marion Arbona, qui ne rappellent pas son style habituel, nous sortent de notre zone de confort. On se sent dans un film bien particulier, un peu à la Dr Seuss. Le jeu avec les dimensions et les personnages étranges rend vraiment cet album unique et extravagant.

Dès 4 ans.

(Présentation par Marie-Michèle Martel) 

La légende de Carcajou, Renée Robitaille et Slavka Kolesar, Planète Rebelle

Inspirée d’un conte traditionnel déné, La légende de Carcajou raconte l’histoire de ce personnage des légendes amérindiennes. Carcajou qui s’ennuie dans le Grand Nord descend et rejoint un village. Énorme et effrayant avec ses crocs et ses griffes, Carcajou dit aux habitants que, tous les jours, il viendra manger les chasseurs du village. Un jour, il enlève Yuma, un enfant. Castor, Corbeau et la grand-mère de Yuma se mettent à la recherche de Carcajou dans l’espoir de sauver Yuma.

Il faut le dire, cet album est magnifiquement illustré par Slavka Kolesar. Les illustrations rappellent les fresques amérindiennes. Le lecteur se sent comme dans un rêve, car les illustrations semblent constamment être en mouvement. Le texte de Renée Robitaille est d’une douceur. Elle nous raconte une légende, sans y ajouter de fioritures. Une pointe d’imagination et de magie pour rappeler que la vengeance n’est toujours la meilleure solution.

Dès 5 ans.

(Présentation par Marie-Michèle Martel)

Louis parmi les spectres, Fannie Britt et Isabelle Arsenault, Éditions de la Pastèque

Dans l’univers des albums jeunesse, Fanny Britt et Isabelle Arsenault ne sont pas inconnues. Après le succès de Jane, le renard et moi (2013), on avait tous bien hâte de voir ce que les deux acolytes préparaient. L’attente en valait la peine. Louis a onze ans et une mère qui a peur de tout : des microbes, des inconnus, de la vie. Il habite dans un appartement en ville avec une vue imprenable sur les voitures et les camions. Son père vit à la campagne où il boit et pleure tandis que son petit frère, Truffe, est un fan de la soul américaine. Louis rêve de déclarer son amour à Billie, une fille de l’école, indépendante et solitaire, mais dès qu’il la voit, il est tétanisé comme un clou rouillé. Accompagné de sa famille, de son fidèle ami Boris, et de ses spectres (ceux du passé comme ceux de son monde intérieur), Louis apprend que le courage ne se montre pas par l’usage de la force, mais par la démonstration de vulnérabilité.

Louis parmi les spectres est un roman graphique qui parle de famille, de courage, d’amour et d’alcoolisme. D’une perspective plus masculine que Jane, le renard et moi, on replonge tout de même dans la même douceur narrative autant par son texte que ses illustrations authentiques remplies d’émotions par l’utilisation du noir et blanc et les quelques accents de couleurs.

Dès 12 ans.

(Présentation d’Amélie Martel)

Littérature jeunesse – Texte

Chroniques post-apocalyptiques d’une enfant sage, Annie Bacon, Bayard Canada

Montréal est en ruine. Un cataclysme est venu rasé la ville, pas seulement la ville, une bonne partie du monde. Astride, que ses parents ont protégée de la mort, tente de survivre dans les décombres. S’installant dans la bibliothèque du Plateau-Mont-Royal, elle tient une routine afin de meubler le temps. Craintive, elle évite les autres survivants. Même si elle ne sait pas ce que lui réserve le non-futur, Astride prend soin de s’organiser.

Une histoire puissante qui nous tient en haleine. Comment Astride survivra ? Ces textes courts, classés par date, donnent un rythme fou à ce roman. Parfois lent et rassurant, il est parfois pressé. Elle est un modèle de détermination et de débrouillardise. Elle nous apprend surtout que même si l’avenir semble sombre, il y a toujours de la place pour le désir d’apprendre, le désir de bâtir des rêves, le désir d’aller de l’avant. Un coup de cœur, pour ado et pour adulte.

Dès 12 ans.

(Présentation par Marie-Michèle Martel)

L’élixir du baron Von Rezine, Karine Lambert, Éditions Pierre Tisseyre

Ne cherchez pas le village de Pinville sur une carte, car vous ne le trouverez pas. Dans la vallée du mont Tête-de-Mort, ensevelis sous un manteau de neige, les villageois se renferment sur eux-mêmes depuis la disparition du baron Von Rezine. Grâce à sa bière au goût unique dont lui seul connaissait les ingrédients, cet alchimiste faisait la fierté du village. Un matin, les Pinvillois apprennent qu’un indice de la recette vient d’être retrouvé dans les effets personnels du baron. Sans plus attendre, un trio de jeunes débrouillards se lance sur la piste des indices suivants pour retrouver la recette et redonner à Pinville sa popularité d’alors.

Une ambiance de Harry Potter plane sur L’élixir du baron Von Rezine, la sorcellerie en moins. En revanche, c’est bien une goutte de magie, celle de l’imaginaire, qui nous emporte en lisant ce roman de Karine Lambert. Elle pousse son imagination à la limite du réalisme grâce au lexique fourni à la fin du roman. Ces lieux et ces créatures existent-ils vraiment? En décrivant le profil et l’environnement de ses personnages, l’auteure éveille tous nos sens. Nous sommes imprégnés de l’atmosphère du village et de ses environs, de la rigueur de l’hiver et des odeurs de la nature. Dans un registre un tantinet aristocratique pour certains passages (particulièrement les noms et les prénoms), l’histoire se lit avec une telle facilité qu’on en oublie le temps qui file. Une littérature fluide et accessible, une trame mystérieuse et haletante dont la fin nous cloue sur place.

Dès 9 ans.

(Présentation de Justine Mathieu)

L’importance de Mathilde Poisson, Véronique Drouin, Bayard Canada

GAGNANT

Mathilde vit des moments difficiles. Avec un père absent et une mère alcoolique, elle a dû abandonner le CÉGEP pour travailler à temps plein dans une épicerie. Rien ne va plus. Ce matin, elle quitte sa caisse pour se diriger sur le bord d’une falaise. Aussi bien en finir ! Pourtant, un jeune garçon étrange, entièrement vêtu de blanc, court-circuite ses plans. Il la suit toute la journée et cette dernière prend une tournure étrange. Mathilde comprendra-t-elle que sa vie a une importance ?

Voilà un roman qui se lit en un clin d’œil. Même si Mathilde vit une période difficile et ne semble pas croire qu’elle puisse être importante pour son entourage, elle ne s’apitoie pas trop sur son sort. Elle se questionne davantage sur Mot, le garçon, qui semble déterminer à la suivre partout et à lui faire voir la vie différemment.

Dès 14 ans.

(Présentation de Marie-Michèle Martel)

Les moustiques, Jocelyn Boisvert, Soulières Éditeur

Maxence, 14 ans et sa petite soeur Emma, 10 ans, accompagnent leurs parents à leur chalet situé dans la région de Ronde-Vallée. Un jour de canicule, ils décident de parcourir à pied la distance qui les sépare de La comète glacée, la seule crèmerie du coin. En chemin, ils croisent un cadavre de chien qui semble avoir été vidé de son intérieur. À la crèmerie, un homme meurt après s’être fait piquer par un énorme moustique. Une femme médecin tente de l’aider, mais se fait mordre à la nuque à son tour par un gros maringouin. Elle succombe sur-le-champ elle aussi. Pris de panique, Maxence et sa soeur se réfugient dans un dépanneur afin de fuir le nuage de bestioles voraces qui prend d’assaut la rue principale.

Un court roman d’horreur d’une centaine de pages, qui saura assurément susciter l’intérêt des jeunes qui apprécient les films post-apocalyptiques. Jocelyn Boisvert sait comment accrocher le lecteur. Il ne perd pas de temps, le rythme est soutenu. Le lecteur est plongé très rapidement au coeur du récit. J’ai vraiment aimé que l’intrigue s’installe dès les premières pages. J’ai aussi trouvé que les scènes où on présente les cadavres ne sont pas trop explicites, mais juste assez dégoûtantes pour captiver les adolescents. Un roman que je me surprise à dévorer d’une traite! L’auteur a une plume qui nous envoûte et ne nous lâche plus avant la finale. À découvrir absolument!

Dès 11 ans.

(Présentation par Mélissa Garant)

Moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire, Roxane Desjardins, Les Herbes Rouges

L’adolescence n’est pas une période facile. L’amour se fait une place, mais ça ne se passe pas vraiment comme dans les romans. On a une relation qui se complexifie avec ses parents, etc. Le personnage principal prend un crayon et écrit.

Moi qui marche dans ma jeunesse noire prend la forme d’autoportrait, d’un récit et de fragments de journal intime. Il est écrit de façon manuscrite dans de petites cases qui rappellent les bandes dessinées. Le texte est parfois facile à suivre, parfois difficile. L’auteure a su bien écrire les tourments de l’esprit d’une adolescente de 15 ans. Il y a des passages plus poétiques que d’autres, des passages brouillons, comme si toutes les idées devaient sortir en même temps. C’est un récit sombre. L’héroïne ne semble pas capable d’écrire quelque chose de positif. Même l’amour y est souffrant. On y voit les traces d’un premier amour et le questionnement qui vient avec. Pour une adolescente prise dans sa tourmente, ce roman pourrait être un merveilleux choix afin de lui faire comprendre qu’elle n’est pas seule à se questionner.

Dès 13 ans.

(Présentation de Roxanne Dubée)

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