12 ans et plus, 6-11 ans

La peur

Pour le mois des émotions, Joaquim s’est attaqué à la peur! Un article très complet pour vos grands lecteurs à la maison… qui aiment avoir une petite frousse!

Seuls: la disparition (tome 1), Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, Dupuis 

Cinq enfants, qui ne se connaissent pas, se réveillent un matin, dans un décor de fin du monde. Leurs proches ont tous disparus, sans laisser de trace. Pire encore, toute la population a disparue. Non, ce n’est pas un cauchemar, mais la réalité. Ils sont seuls dans cette grande ville fantôme où un terrible silence règne désormais. Que s’est-il passé? Pourquoi sont-ils les seuls survivants? Quel lien les unissent? Ils vont tenter de découvrir ce qu’il s’est passé et essayer de survivre dans un monde où les dangers sont nombreux. Ils devront surmonter leurs peurs et se débrouiller, seuls, mais aussi comme des adultes.

Voici une bande-dessinée très troublante. Les parents, les adultes, représentent tout pour un enfant. Ils apportent du réconfort, de la protection, des vivres, un toit, de l’argent, de l’amour etc. Ils répondent à leurs besoins essentiels. C’est épeurant d’imaginer un monde sans eux, une vie sans ce point de repère. On comprend que ces enfants se mettent en mode panique parfois. (Je ferais pareil!) Cette série de 10 tomes (pour l’instant) est captivante et le suspense évolue à chaque tome. On découvre peu à peu des facettes de la personnalité de chaque enfant (âgés entre 5 et 12 ans) et des pans de leur histoire personnelle. Et, comme ils viennent d’horizons différents, ça rend le récit très riche. Enfin, les dangers sont nombreux, l’action est constante. Les enfants luttent sans relâche pour leur survie. Et, pourtant, étrangement, on n’a presque pas hâte que ça s’arrête, car on s’attache à eux. Angoissant, mais captivant. À lire!

Dès 9 ans… selon la personnalité de l’enfant.

L’agence Mysterium : L’étrange cas de Madame Toupette, Alexandre Côté-Fournier et Sophie Bédard, La courte échelle

Justin, 11 ans, commence ses vacances d’été avec l’intention ferme de ne plus jamais retourner à l’école. Il a fini son année avec un goût amer. Ennui, enseignant soporifique et matières difficiles ont fini par le dégoûter de l’école. Il se met donc en tête de travailler. Avec le soutien de ses deux meilleurs amis, Odile et Jérôme, il va fonder l’agence de jeunes détectives « Mysterium ». Son objectif : résoudre les petits crimes! Leur première enquête portera sur un cas particulier : le chat de Mme Toupette qui se fait maltraiter physiquement par des inconnus. D’apparence simple, cette affaire prendra toutefois une tournure inquiétante. Les enfants devront surmonter leurs peurs pour affronter les dangers et trouver le coupable.

Mener une enquête en pleine nuit, sans la permission des parents, chez une vieille dame étrange, dans une demeure aux allures de maison hantée, voilà ce à quoi, Alexandre Côté-Fournier, l’auteur, nous invite. J’ai bien aimé ce livre, car le suspense et la peur étaient au rendez-vous. L’histoire est réaliste et bien construite. L’intensité monte d’un cran à chaque chapitre. De plus, le texte est accompagné de beaucoup d’illustrations, de typographies variées, de textos et de bulles de dialogues. J’ai donc bien apprécié cette touche originale et, avouons-le, plutôt « cool », qui rend la lecture plus dynamique. Ce livre fait partie de la collection noire de La courte échelle qui est destinée aux amateurs de sensations fortes (horreur, suspense, enquête).

Dès 9 ans.

Chaire de poule: Les épouvantails de minuit, R. L. Stine, Éditions Scholastic

Durant les vacances d’été, Julie et son frère Mark ont l’habitude de quitter la ville pour passer un mois à la ferme. Ils s’attendent à profiter des grands espaces auprès de leurs affectueux grands-parents, mais c’est tout le contraire qui se passe. Ces derniers sont différents, voir mystérieux. Leur grand-mère ne prépare plus de crêpes au chocolat et leur grand-père ne raconte plus d’histoires d’horreur. Henry, l’ouvrier agricole de la ferme semblent, lui, avoir pris de l’importance et être maintenant craint par leurs grands-parents. Il se vante d’avoir donné vie aux épouvantails grâce à un livre de sorcellerie dans lequel il aurait déchiffré une formule magique. Les repères des jeunes basculent. Des événements étranges se produisent. Quel mystère entoure donc ces épouvantails?

Vous aimez avoir un peu peur? Si oui, alors la collection Chair de poule est pour vous! Suspense garantie jusqu’à la fin! Ce livre m’a bien plu et il m’a donné envie de lire les autres livres de la collection. Il semblerait y avoir au moins 70 tomes, de quoi bien remplir mon année 2018!

L’histoire n’est pas trop effrayante, ni trop intense et la violence est minime. L’auteur, R.L. Stine, a utilisé une juste dose des ingrédients qui composent un bon livre de peur pour enfant (selon moi). Même si, en général, je préfère les romans graphiques, dans ce cas, je n’ai pas trouvé que c’était un handicap. Le texte décrit vraiment bien les paysages et les personnages. Je me suis mis facilement dans la peau de ces deux jeunes qui viennent de la ville. Le récit évolue bien aussi: le doute et la peur s’installent dans l’esprit des personnages et chez nous aussi! J’avais vraiment hâte de connaître la fin!

Dès 8 ans.

Sweet Sixteen, Annelise Heurtier, Casterman

Sweet Sixteen est un roman qui évoque une période cruciale dans l’histoire des États-Unis : la fin de la ségrégation raciale dans les écoles publiques. Le récit quoi qu’un peu romancée, se base sur une histoire vraie, celle de Melba Pattillo. L’histoire se déroule en Arkansas, plus précisément à Little Rock. En 1957, neufs étudiants noirs sont sélectionnés pour intégrés le Lycée central comptant 2500 élèves blancs. L’histoire va nous raconter la vie de deux jeunes filles, Molly (une des étudiantes afro-américaine) et Grace (une étudiante blanche), âgée de 15 ans, qui vont partager la même classe lors de cette année scolaire particulière.

Ce livre a osé aborder un sujet difficile : le racisme. En parlant du combat quotidien de Molly pour survivre dans ce lycée où elle est l’une des cibles des élèves racistes, on comprend que les enjeux sont majeurs. Ils ne touchent pas seulement la petite vie et la petite ville de Molly mais plutôt tout le pays et tous les citoyens afro-américains.

Qui dit racisme, dit violence physique et verbale, mais aussi peur. Cette dernière s’invite donc très tôt dans le texte et elle est présente dans tous les personnages : Molly qui a peur de se faire agresser, les autres personnages afro-américains qui ont peur d’être victime de vengeance, les Américains blancs qui ont peur des bouleversements qui en découleront, et Grace… (mais, je ne peux rien vous révéler!). L’auteur a vraiment réussi à nous transporter dans cette période délicate de l’histoire américaine, mais aussi à nous faire comprendre l’injustice que subisse les victimes de racisme.

Dès 11 ans.

Moi et ma super bande : une colo de tout repos, T. Parvela et Z. Zonk, Nathan

Les enfants de la super bande sont envoyés en colonie, durant les vacances d’été. C’est leur maître (éternel malchanceux!) qui doit les endurer, car le plus grand des hasards a voulu qu’il soit l’animateur de cette colonie. Il pensait venir se reposer à la campagne, mais c’est tout l’inverse qui va se passer bien évidemment! Une simple phrase mal interprétée par les enfants déclenche une avalanche de soupçons. Il n’en faut pas plus pour que la cuisinière de la colonie soit soupçonnée de meurtre! La super bande, remplie de bonnes intentions, fera tout pour la neutraliser coûte que coûte!

Quand j’ai emprunté de livre à la bibliothèque, je pensais que j’allais avoir un peu peur en lisant ce roman, car il semblait parler de danger et de meurtre. En fait, c’est tout le contraire qui s’est produit : j’ai bien rigolé. Même si les enfants ont vraiment peur, le lecteur, lui, a du recul et réalise que les personnages ont une imagination débordante. Ça donne lieu à des échanges et des situations très drôles. On plonge rapidement dans l’absurdité la plus totale. Par exemple, Paulo (c’est d’ailleurs mon personnage préféré dans tous les tomes!) pense être dans un camp de hockey pour améliorer son jeu, alors qu’en fait il est simplement à la ferme. Il y croit dur comme fer jusqu’à la fin du récit. Et, ce n’est pas ses amis qui vont le ramener à la réalité. Ils sont eux-mêmes sur une autre planète comme on dit.

Ce livre est le quatrième tome de la série « Moi et ma super bande ». Il y en a six en tout, pour l’instant. Si un autre est édité, je filerai aussitôt le prendre, car la super bande est super délirante! Les histoires sont faciles à lire. En plus, j’adore les illustrations en noir et blanc avec un peu de couleur pour faire un rappel avec la page couverture. Ce petit détail rend chaque tome vraiment unique.

Dès 8 ans

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