Entrevues

Entrevue avec Paul Roux, auteur de « Les rebelles du soccer »

Paul Roux est l’auteur de la série de romans jeunesse Les rebelles du soccer chez Bayard Canada. C’est un honneur pour WOW lecture qu’il ait accepté de répondre à nos questions quant à son métier d’auteur. Mon fils aime beaucoup cette série, car elle parle de son sport préféré. Moi, je suis ravie, car Paul Roux a su saisir la balle au bond (sans mauvais jeu de mots!) en créant une histoire qui s’inscrit totalement dans l’air du temps en tenant compte de ces grandes oubliées dans le soccer : les filles! Dans cette histoire, dès le départ, on essaye de les inclure dans l’équipe, on parle de leurs forces et de leurs compétences. On est dans une démarche d’évolution des mentalités qui rend cette lecture très rafraîchissante. Partons donc à la découverte de cet auteur sans tarder!

Peux-tu nous expliquer les origines de la création de la série Les rebelles du soccer

Je suis auteur, illustrateur et auteur BD depuis longtemps et j’ai réalisé de nombreux livres. Mais, dans mes loisirs, je suis aussi joueur de soccer et coach. Je fais du sport parce que j’aime ça, mais aussi pour me garder en forme et me vider l’esprit. Car, lorsqu’on écrit et que l’on crée, des tonnes d’idées bouillonnent sans cesse dans notre tête.

L’idée de la série Les Rebelles du soccer est née lors d’une discussion avec mon directeur de collection chez Bayard, Thomas Campbell. Il savait que je connaissais très bien le soccer et il m’a suggéré d’écrire l’histoire d’une équipe de jeunes. Ce qui m’a inspiré cette équipe U12 de garçons qui, par manque de joueurs, est forcée d’accueillir des filles dans ses rangs. Je trouvais essentiel d’inclure des personnages féminins, car beaucoup de filles sont également très bonnes au soccer, comme la mienne, Angélique, qui est devenue un des personnages importants de la série.

Peux-tu me décrire ta façon de travailler?

Lorsque j’écris, je travaille partout, tout le temps et dans toutes sortes d’endroits et de conditions. Au moment où j’écris ces lignes, je suis dans un avion qui m’amène à Shippagan, où je suis invité au Salon du livre de la péninsule acadienne.

Mais pour l’écriture d’un roman, je travaille principalement chez moi, dans mon studio et je compose mon texte directement à l’ordinateur, ou sur mon IPad, comme je le fais en ce moment. Je transfère ensuite le texte sur l’ordinateur, pour le finaliser.

Je travaille de préférence dans le calme, car il faut beaucoup penser et réfléchir pour écrire. Il faut que je m’isole. C’est différent lorsque je dessine, car je peux écouter de la musique, la radio ou la télévision en même temps, sans que cela n’affecte ma créativité. Écrire et dessiner ne demandent pas le même genre de concentration, mais les deux disciplines exigent beaucoup de travail et d’efforts.

Comment es-tu devenu auteur?

À l’âge de six ans, on m’a fait cadeau d’un album d’Astérix pour ma fête. Mon amour des livres est né à ce moment-là et ne m’a plus jamais quitté. Petit, je rêvais d’écrire et d’illustrer des livres, sans savoir si cela serait un jour possible pour moi. C’était un métier mystérieux dont on n’entendait pas beaucoup parler.

À 21 ans, après mes études à l’école des beaux-arts, j’ai commencé par illustrer toutes sortes de livres, puis par en écrire, pour un éditeur, puis deux, puis trois… Depuis, ça ne s’est jamais arrêté. À ce jour, j’ai réalisé ou collaboré à plus de 180 livres! Et j’avoue que je suis toujours aussi content et excité lorsqu’un nouveau titre est publié. Pour moi, ça reste magique!

Qu’aimes-tu le plus et le moins dans ton travail?

Je poserai la question autrement: qu’est-ce qui est plus facile et plus difficile dans ton travail?

Le plus difficile, c’est de trouver sans cesse de nouvelles idées et de se creuser le cerveau à l’infini. Parfois, j’ai l’impression de presser ma matière grise comme une orange et d’en faire sortir toute la substance! C’est plutôt stressant et, parfois même, épuisant, car j’ai toujours peur que cette source se tarisse et, qu’un jour, les idées ne me viennent plus. Mais il en arrive toujours de nouvelles, comme celle de cette série sur le soccer et ça me rassure.

Le plus facile, c’est lorsque les livres sont publiés et que je suis invité un peu partout pour en parler et pour en signer. Car si j’écris un livre, c’est pour qu’il soit lu, pour partager avec des lecteurs. Et plus il y a de gens qui les lisent, plus je suis heureux!

T’arrive-t-il de manquer d’inspiration? Et, si oui, que fais-tu?

Pas vraiment, car l’inspiration est quelque chose qui se traque et qui se débusque, comme un animal sauvage. Rassurez-vous, ce n’est qu’une image. Je n’ai pas du tout l’âme d’un chasseur de fauves. Je ne chasse que les idées.

Parfois, l’inspiration me vient rapidement, alors, qu’à d’autres moments, je dois réfléchir des heures, voir même des jours, pour la trouver. Mais plus on la cherche, plus on développe des manières de la stimuler et de la provoquer. C’est un processus complexe et mystérieux, qu’on apprend à maîtriser avec le temps et la pratique.

As-tu un conseil à offrir aux jeunes qui aimeraient devenir auteur?

Parlez de ce que vous connaissez, de ce que vous aimez et de ce qui vous passionne, et n’essayez jamais d’imiter ni de copier ce que font les autres. C’est la clé, le secret pour développer quelque chose d’intéressant, d’unique et de vrai. Le reste viendra avec la persévérance et le travail.

Y a-t-il un événement, personnel ou professionnel, qui a marqué ton parcours d’auteur?

Plusieurs et tout le temps. En voici quelques-uns en vrac: la publication de mon premier album de BD en 1990; tous les prix et bourses que j’ai reçus par la suite; ma rencontre avec Uderzo, le dessinateur d’Astérix, l’idole de ma jeunesse; ma rencontre avec Franquin, l’auteur génial de Gaston Lagaffe, une autre idole de mon adolescence; ma rencontre avec Greg, le fabuleux auteur d’Achille Talon, qui m’a aidé et conseillé; mon premier voyage en Afrique, au Cameroun; mes voyages au Nunavut, à travers le Canada, les États-Unis et l’Europe, en Namibie, au Panama, à Hawaï, au Pérou, au Costa Rica, à Cuba, au Mexique et en Tunisie; la naissance de ma fille; mes participations à des tas de salons du livre, de festivals et d’évènements culturels; des rencontres avec beaucoup de gens de valeur, qui m’ont poussé ou aidé à relever de nouveaux défis…

Bref, tout ce qui, au fil des années, m’a nourri, alimenté et inspiré pour réaliser tous mes livres, dans lesquels on retrouve des traces de la plupart des choses que je viens d’énumérées, disséminées au fil des pages et des dessins. Un exemple précis: dans la dernière image de l’album Le père Noé, on voit sur un mur une affiche de Yaoundé, une ville du Cameroun. Pourquoi? Parce que j’ai terminé de dessiner cette planche là-bas! Un autre exemple : l’album Panique à Panama (Ariane et Nicolas) est directement inspiré d’un voyage dans ce pays d’Amérique centrale.

Tout est pour moi une source d’inspiration et de motivation. C’est la raison pour laquelle je ne pouvais pas répondre à cette question en ne citant qu’un seul évènement marquant. Car c’est de la somme de tous ces moments importants que naissent la plupart de mes livres.

Quel livre a marqué ton enfance? Pour quelles raisons?

Trois excellentes séries de BD et deux grands auteurs de romans ont beaucoup marqué mon enfance.

Comme je l’ai mentionné, tout a commencé avec la série Astérix, à laquelle s’est vite ajouté celles de Tintin et Iznogoud, et plusieurs autres par la suite. Avec ces albums, je m’évadais, je voyageais et j’apprenais des tas de choses : des mots nouveaux, l’Histoire, la géographie, les coutumes et les mœurs des autres pays… Ces albums étaient pour moi une mine d’informations et de connaissances que j’avais beaucoup de plaisir à découvrir. Je rêvais et je me divertissais tout en apprenant. C’était merveilleux.

Le même phénomène s’est produit avec les romans captivants de Jules Vernes et ceux tout aussi imaginatifs d’Henri Verne, l’auteur du célèbre Bob Morane. Les fins de semaine, il m’arrivait de dévorer trois à quatre de ces romans par jour! À la lecture de toutes ces incroyables aventures, je ressentais beaucoup de plaisir et d’émotions. Je suis devenu auteur et illustrateur pour essayer, à mon tour, de faire ressentir la même chose à d’autres lecteurs.

Quel auteur jeunesse t’inspire en ce moment?

Aucun, car je suis maintenant trop occupé à créer pour avoir le temps de lire ce que font les autres.

Mais, j’ai aussi la chance de collaborer ou de travailler avec certains d’entre eux, lorsque je porte ma casquette d’illustrateur. Et, dans ce cas, on peut dire qu’ils inspirent totalement mes dessins !

Quels sont tes projets pour 2018-2019?

Plusieurs, dont la parution en février du tome cinq de la série Les Rebelles du soccer, Duel au sommet, et de la seconde aventure d’Édouard chasseur de monstres, Le Multiplicator de Pâques. Tous deux publiés chez Bayard Canada.

Et plein d’autres choses suivront. Restez à l’affût!

Bonne lecture! Et n’hésitez pas à venir me voir au Salon du livre de Montréal, en novembre.

 

Paul Roux sera au Salon du livre de Montréal 2018. 

Samedi 17 novembre, 10h à 11h30 et 18h à 19h

Dimanche 18 novembre, 10h à 11h15

Kiosque 432

You Might Also Like

Billet précédent
Billet suivant

Laisser un commentaire