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Suggestions et critiques

0-5 ans, Activités et sorties, Suggestions et critiques

La saison de l’autocueillette

Octobre tire à sa fin, mais il reste encore de belles journées pour profiter du plaisir de la cueillette des pommes et autres légumes du potager. La terre nous offre des richesses qu’on ne se lasse pas de découvrir avec encore plus de plaisirs en famille. Les jeunes enfants témoignent d’une curiosité insatiable qu’il me plaît d’assouvir en organisant des activités qui sortent de l’ordinaire. Ainsi, laissez-moi vous raconter une histoire.

L’histoire d’une île

Il était une fois, non loin de la ville de Québec, bordée par les eaux du fleuve Saint-Laurent, une île dont ses habitants vivaient de l’agriculture et du tourisme. Cet endroit s’appelle l’île d’Orléans, arrondissement historique depuis 1970. Point de départ de plus de 300 familles souches, les champs de vignes, les vergers et les potagers se comptent par centaines faisant la fierté de leurs propriétaires terriens. Au cours de ma dernière visite sur l’île, j’ai profité de la saison pour faire le plein de fruits et de légumes en compagnie de mon petit neveu. Ni ses 2 yeux ni ses 2 bras ne lui suffisaient pour observer et récolter ce qui se présentait à lui. Grâce à ce splendide après-midi de plein air, il a pu découvrir un métier et des techniques de façon plus stimulante que dans une salle de classe. Tous ses sens étaient en éveil.

Découvertes agricoles

Sur l’île d’Orléans, c’est dans le village de Sainte-Famille où se concentre la majeure partie des fermes d’autocueillette. Avec, pour certaines, d’imposantes mascottes de pomme qui vous hèlent en bordure du chemin Royal, vous ne saurez les manquer. Pour ma part, voici celles qui m’ont le plus attirée :

Le Domaine de la Source à Marguerite est l’une des plus grandes fermes d’autocueillette du village. Le verger dispose de 34 variétés de pommes parmi les 4000 pommiers plantés. Avec les tables et les bancs de bois qui bordent le domaine, vous pourrez déguster votre pique-nique couronné d’un dessert fraîchement cueilli. L’autocueillette est possible tous les jours du début août à la fin d’octobre.

La ferme Laval Gagnon propose quantité de fruits et de légumes à cueillir soi-même en plus d’activités stimulantes relatives à l’agriculture : tour en tracteur, épluchette de blé d’Inde, visite libre des animaux de la ferme. De juin à octobre, vous ne vous lasserez pas de venir récolter fraises, framboises, cerises, pommes, maïs et citrouilles pour les savourer à votre façon. Psst… n’oubliez pas, l’Halloween arrive bientôt. Avez-vous décoré votre entrée et creusé votre citrouille?

La ferme Le Beau Markon vous ouvre ses portes jusque mi-octobre pour cueillir des pommes, des poires, acheter du jus frais, des produits de l’érable ou de la choucroute. À votre arrivée, le propriétaire vous explique la manière de cueillir les fruits, leur période de maturité, l’endroit idéal où les trouver dans le verger et lesquels sont idéales pour vos recettes. Si la récolte ne vous a pas éreinté, ne manquez pas de passer dire bonjour aux quelques animaux qui habitent le domaine.

Suggestions littéraires

Pour terminer, je vous partage mes coups de cœur littéraires que vous pourrez découvrir en dégustant votre récolte juteuse. En tarte, en confiture ou au naturel, c’est vous qui voyez. 😊

Mandarine et Kiwi. La croustade aux pommes, Laïla Héloua et Nathalie Lapierre, Bayard

Dans La croustade aux pommes, nous suivons Kiwi et Clémentine jusqu’au verger Ladouceur. Guidés par le pomiculteur du domaine, les enfants apprennent comment cueillir et entretenir ce fruit qui requiert de l’attention et des soins particuliers. Pour obtenir une récolte abondante et de qualité, cultiver un verger est tout un métier. De retour chez eux, la fratrie se jette aux fourneaux pour préparer la plus succulente des croustades aux pommes. La recette de cette pâtisserie et le cycle saisonnier des pommes clôturent cet album clairement expliqué et joliment raconté.

Dès 3 ans.

Versaïl et le jardin de Laly, Céline Maniller, Éditions du Ricochet

Quand on est haut comme trois… petits pois, comment faire pour aller cueillir les pommes qui menacent de détruire notre maisonnette? C’est bien là la crainte dont prend connaissance Versaïl en lisant la lettre de sa cousine Laly. Les pommiers qui entourent la maison de cette lilliputienne sont devenus si grands qu’elle ne peut plus atteindre leur cime pour récolter leurs fruits. Elle fait donc appel à l’ingéniosité de son cousin le jardinier pour l’aider avant qu’il ne soit trop tard. Avec une calligraphie dynamique et des illustrations lumineuses pleine page, cet album raconte une histoire d’une imagination débordante.

Dès 5 ans.

La cueillette des couleurs, Florence Guiraud, Casterman

Du verger au potager, toutes les couleurs sont à croquer. Pour les plus petits, cet imagier consacre un jour par semaine à répertorier les fruits et les légumes selon leur couleur. Mauve, rouge, jaune, blanc… Comme je le précisais en début d’article, la terre nous offre des richesses lumineuses qui émoustillent nos sens et nos papilles. Dans un registre poétique, l’auteure saura vous inspirer pour préparer vos prochaines recettes. On en deviendrait presque végétarien.

Dès 2 ans.

0-5 ans, 12 ans et plus, 6-11 ans, Suggestions et critiques

100% Simon Boulerice

Pour faire suite à nos Conseils de lecture du mois de septembre portant sur la différence, voici un article totalement consacré aux oeuvres de Simon Boulerice. Cet auteur, qui écrit à un rythme effarant, est reconnu pour oser aborder le thème de la différence d’une façon étonnante et déstabilisante. Simon Boulerice est comédien, metteur en scène, écrivain et chroniqueur à la radio de Radio-Canada. Lors d’une entrevue, il a mentionné qu’il aborde souvent le thème de la différence dans ses romans car il se sentait lui-même différent étant enfant. Pour moi, Simon Boulerice est un auteur qui a su faire sa marque; un auteur aux mille talents!

Un verger dans le ventre, Courte échelle, 2013

C’est l’histoire de Raphaël, un jeune garçon qui adore les pommes. Il les adore au point de manger même le coeur et les pépins. Un jour, son ami Rémi, fils de pomiculteur, sème en lui le doute qu’en avalant un pépin, un pommier poussera dans son ventre. Rémi lui apprend aussi que ces pépins avalés deviendront un beau verger grâce à l’eau et au soleil qui entre dans sa bouche. L’inquiétude s’empare alors de Raphaël. Apeuré, il retourne en classe avec des crampes à l’estomac…

Inspiré d’une de ses peurs enfantines, Un verger dans le ventre est le premier album jeunesse de Simon Boulerice. Il représente la belle naïveté de l’enfance ainsi que ses angoisses irrationnelles et démesurées. J’ai aimé les illustrations style « rétro » de Gérard Dubois. Une histoire automnale qui saura, à coup sûr, plaire à vos enfants.

Dès 4 ans.

 

Plus léger que l’air, Québec Amérique, 2015

Junior, surnommé Bouboule, souffre d’embonpoint. Il a toujours faim et quand il commence à manger, il ne peut plus s’arrêter. Il a aussi un grand rêve, celui de danser le ballet comme Flavie. Quand elle saute, Flavie semble voler dans les airs un moment et retombe avec grâce et délicatesse. Junior l’envie tant. Même si l’on rit de lui dans la cour d’école, Junior s’empare d’un tutu rose et d’une bouteille d’hélium pour s’envoler dans le ciel. Le roman se termine sur la liste de ce qui le rend plus léger: son papa clown, sa maman astronaute, Flavie, son tutu et son futur cours de ballet. Parce que le ballet, ce n’est pas réservé qu’aux filles!

J’ai beaucoup aimé le concept des chapitres qui ont pour titre: 1er ciel, 2e ciel, etc. pour terminer au 7e ciel où Junior réalise sa plus grande aspiration: son envol (dans tous les sens du terme). On retrouve aussi une écriture « gonflée » pour quelques mots, ce qui nous donne une sensation de flotter lors de la lecture. Simon Boulerice nous offre une fois de plus un texte intelligent qui nous donne l’occasion d’aborder la différence et l’intimidation avec nos enfants mais qui permet aussi de montrer aux enfants que rien n’est impossible. Il nous permet aussi de se demander: Moi, qu’est-ce qui me rend plus léger?

Dès 6 ans.

Edgar Paillettes, Québec Amérique, 2014

Le narrateur s’appelle Henri, il a 11 ans et il est le grand frère d’Edgar, un petit garçon différent. Edgar est âgé de 7 ans, il se déguise chaque jour différemment et il parle en poèmes. Tout au long du roman, Henri nous partage comment il vit le fait d’être le frère d’un enfant différent et comment il se sent dans l’ombre de son petit frère si flamboyant. On ressent bien les sentiments contradictoires que vit Henri envers son frère. Autant il est attaché à celui-ci, autant il ressent une certaine rivalité à son égard. Edgar a le droit de faire des choses qui, à lui, sont interdites. Vers la fin du roman, Henri prend conscience qu’Edgar vit certaines difficultés à son école spécialisée et son regard sur la situation change quelque peu. De plus, le choix de costume d’Halloween d’Edgar fait réaliser à Henri qu’il peut être flamboyant lui aussi, à sa façon.

Le personnage d’Edgar lui a été inspiré lors d’une tournée pour le théâtre où il a fait la rencontre d’un jeune homme déguisé en cowboy qui lui a demandé s’il aimait la paillette. De cette rencontre unique est né Edgar Paillettes. J’ai apprécié que le diagnostique d’Edgar ne soit jamais clairement énoncé. Pour moi, c’est une marque de respect pour la différence du jeune garçon et les différences en général. J’ai bien aimé l’apparition de la fée des dents lors de certains passages du livre, cela apporte une petite touche de magie au récit. Ce roman a remporté le Prix des libraires jeunesse 2014.

Dès 9 ans.

Il est à noter qu’Edgar Paillettes fait parti des suggestions de livres pour bibioaidants.caBiblio-Aidants consiste en une série de 15 cahiers thématiques qui renseignent les proches aidants sur les maladies et les sujets auxquels ils sont confrontés. On y retrouve une liste d’organismes, une sélection de sites Web pertinents et des suggestions de lecture et de films pour chaque cahiers thématiques. Pour en savoir plus, je vous invite à visiter leur site: http://biblioaidants.ca/fr/cahiers.php

Les garçons courent plus vite, La courte échelle, 2014

Un recueil de poésie présentant un adolescent mal dans sa peau, expérimentant le redoutable test Léger. Ce test permet d’évaluer l’aptitude physique aérobie et il consiste à effectuer des allers-retours au son d’un Bip! sonore jusqu’à épuisement. Le lecteur se retrouve alors dans les pensées du jeune homme. On découvre son univers et on vit avec lui ses désirs, son mal-être et sa quête d’identité.

J’ai aimé la couverture qui rappelle les fameuses lignes de couleur qu’on retrouve sur les plancher des gymnases d’école. J’ai aussi aimé les Bip! qu’on retrouve à répétitions à la fin du texte, ils m’ont donnés l’impression de m’essouffler avec le personnage. Avec sa plume magnifique, Boulerice réussit à rendre la poésie accessible à tous. Une très belle découverte!

Dès 12 ans.

 

Le dernier qui sort éteint la lumière, Québec Amérique, 2017

Arnold et Alia sont des jumeaux ayant deux papas qui s’aiment. Ils auront 13 ans, le 13 mai qui vient. Ils savent que marraine Sandrine leur a donné naissance mais ils se questionnent à propos de l’identité de leur « vrai » papa. Papou Julien et Poupa Édouard décident donc de leurs écrivent treize lettres, une par jour jusqu’à leur anniversaire, qui expliqueront comment ils se sont rencontrés, certaines anecdotes à leur sujet et pour finalement leur annoncer qui des deux est leur père biologique.

L’auteur nous offre des personnages tellement attachants qu’on aurait envie de s’inviter à un de leur souper de famille. Une histoire qui démontre bien que l’orientation sexuelle des parents n’influence pas la qualité de la relation parent-enfant; on y retrouve de l’amour à profusion. Le récit nous amène de plus à se questionner: est-ce que la génétique est la seule responsable de qui je suis?  J’ai adoré à 100%!

Dès 12 ans.

 

Découvrez aussi L’enfant-mascarajuste ici, sur le blogue. 

0-5 ans, 12 ans et plus, 6-11 ans, Suggestions et critiques, Thèmes mensuels

Thème du mois : 5 livres pour parler de la différence

Quand on pense à la différence, il est possible de parler de handicap, de maladie mentale, etc. Dans cet article, nous vous proposons des livres qui abordent ces sujets, mais aussi l’intimidation. Le premier titre, Dépareillés, montre que la différence n’est pas nécessairement une condition. Ce peut seulement être une habitude que nous avons et qui peut déranger les autres. Alors, voici notre sélection pour jaser de différence.

Dépareillés, Marie-Francine Hébert et Geneviève Després, Éditions de la Bagnole

Rose et Blanche sont de très bonnes amies et elles ont beaucoup d’intérêts en commun. Mais une chose les différencie: Rose porte souvent des chaussettes dépareillées. Dès que Léo aperçoit Rose avec ses deux bas de couleurs différentes, il s’empresse de se moquer d’elle, en encourageant ses pairs à faire comme lui. Rose se retrouve seule dans un coin. Le lendemain, Blanche décide de supporter son amie et enfile des chaussettes différentes. Les jours suivants, d’autres enfants décident eux aussi de porter des bas dépareillés. Léo se retrouve alors seul à avoir des chaussettes identiques. Est-ce que les autres se moqueront à leur tour de Léo? Décidera-t-il de porter des chaussettes de couleurs différentes lui aussi? Je vous laisse le plaisir de le découvrir.

Marie-France Hébert offre une fois de plus un album fabuleux. Elle réussit à aborder le thème de l’intimidation et de la différence avec une belle délicatesse. Et que dire de l’amitié et de la solidarité qui en ressort! Un autre livre qui saura susciter de belles discussions avec vos enfants. Et si vous êtes enseignant au primaire… courez vite vous le procurer!

Dès 3 ans.

Ma gardienne est sourde… puis après?, Noëmie Forget et Tommy Doyle, Québec Amérique

Comme le mentionne le titre, c’est l’histoire d’Aglaée et de sa gardienne, Mimi, malentendante. À travers le récit, Aglaée nous explique comment Mimi se réveille le matin même si elle ne peut entendre la sonnerie de son réveil-matin, comment elle fait pour savoir que quelqu’un tente de la rejoindre par téléphone ou encore comment elle réussie à écouter la télévision. Un bel album qui aborde l’ouverture à la différence.

Mes enfants ont appris de nouvelles choses à propos de la surdité et ils ont aimé pratiquer les quelques signes de la langue des signes québécoise qu’on retrouve à la fin du livre. Les illustrations de Tommy Doyle sont sublimes et font bien ressortir l’affection entre Aglaée et sa gardienne Mimi. Un album tout simplement magnifique qui sensibilise les enfants à la richesse des différences. L’ouvrage a reçu le prix Cécile-Gagnon en 2010.

Dès 3 ans.

Mon amie est différente ! Vivre avec la trisomie, Jennifer Moore-Mallinos et Marta Fabrega, Héritage jeunesse

La narratrice de cette histoire se rend dans un camp de jour. Puis, une semaine, leur monitrice les informe qu’une nouvelle enfant se joindra à deux. Elle s’appelle Tammy. Elle aura besoin d’un ami pour l’accompagner dans le camp. La monitrice demande à la narratrice si elle serait intéressée à aider Tammy pendant son séjour au camp. Elle explique ensuite aux enfants du groupe que Tammy est trisomique, elle a le syndrome de Down.

Voilà un album qui permet de sensibiliser les enfants à la trisomie. La narratrice constate que Tammy lui ressemble beaucoup. Elle a des forces et des faiblesses, tout comme elle !

Dès 3 ans.

Florence et Léon, Simon Boulerice et Delphie Côté-Lacroix, Québec Amérique

C’est l’histoire de Florence, qui enseigne la natation malgré un problème aux poumons et de Léon, un agent d’assurance qui a un problème de vision. Un beau jour, Florence trébuche sur la canne de Léon et les deux personnages s’expliquent leur handicap avant même de nommer leur prénom. Léon invite Florence au restaurant pour faire plus ample connaissance. Chacun fait expérimenter à l’autre leur handicap en utilisant une paille. Florence regarde par le trou de la paille pour découvrir l’étroitesse du champ de vision de Léon et celui-ci doit respirer dans la paille pour vivre le problème aux poumons de Florence. Et si de cette rencontre naissait… l’amour?

Quand j’ai feuilleté cet album pour la première fois, je me suis demandée: est-ce que les enfants vont s’intéresser au récit de deux personnages adultes? Et la réponse est: oui! Les miens ont été séduits autant que moi par la rencontre de Florence et de Léon. J’ai aimé le message d’espoir que l’auteur lance aux jeunes souffrant d’un handicap, leur montrant qu’il existe une possibilité de s’épanouir malgré les défis que leur impose leur réalité. J’ai aussi adoré les illustrations de Delphie Côté-Lacroix. Elle a su mettre l’emphase sur l’union de Florence et Léon, on ne voit qu’eux et on oublie le décor… un peu comme quand on tombe amoureux.

Dès 6 ans ( ou un peu avant…)

Corps étranger, Ariane Charland, Éditions de Mortagne

Samuel, 17 ans, s’amuse avec ses amis, chez lui, dans la piscine. Il suffit d’une seconde pour que son destin bascule. Un plongeon et le voilà paralysé… un bête accident! Le lecteur accompagne Samuel de l’accident, à la réadaptation jusqu’à son retour à la maison où il doit faire face à sa nouvelle réalité: les regards que lui portent les gens, l’inquiétude de ses parents, l’adaptation à son fauteuil roulant et à son corps qui ne veut plus lui obéir comme avant. Sans oublier Clara, avec qui il partageait sa passion pour le dessin et pour qui il avait des sentiments…

Ariane Charland nous livre un roman totalement bouleversant. Je me suis surprise à sourire par moment et à avoir la larme à l’œil quelques pages après. Le personnage de Samuel est tellement attachant qu’on a envie de l’avoir à nos côtés pour lui donner une petite tape d’encouragement lors des moments difficiles et pour le prendre dans nos bras lors des petites victoires. Une première lecture de la collection Tabou qui me donne grandement envie de découvrir les autres titres.

Dès 12 ans.

 

Pour voir d’autres livres qui parlent de différence, voici deux articles disponibles sur le blogue.

Archie, le paresseux hyperactif, H. McKensie, Éditions Scholastic

Deux garçons et un secret, Andrée Poulin et Marie Lafrance, Éditions de la Bagnole

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

12 ans et plus, Suggestions et critiques

«L’enfant-mascara» de Simon Boulerice

Voilà un livre qui parle de différence, d’une différence qui ne plaît pas à tous. Inspiré d’un événement tragique, L’enfant-mascara de Simon Boulerice raconte l’histoire de Larry et de Laeticia. Ou plutôt de Larry qui devient Laeticia. Un jeune homme qui était en fait une fille et qui rêvait de bonheur. Tout simplement. Pourtant, quelqu’un décidera de mettre fin à ce rêve, par homophobie ou transphobie. Un roman qui ne pourra pas laisser votre ado indifférent.

Larry sait bien qu’il est une fille en fait. Depuis longtemps, il cache du maquillage qu’il a volé à sa mère. Il marche gracieusement avec des talons hauts. Malgré une ambiance familiale difficile, voire malsaine, Larry décidera de s’affirmer. Il portera jupe, talons hauts, maquillage et même un nouveau nom pour se rendre à l’école. Étonnement soutenu par la directrice, il sera de plus en plus heureux. Il ou plutôt Elle sera enfin elle-même.

Le matin de la Saint-Valentin, une amie lui lance le défi de dire à une personne qu’on la trouve belle. Laeticia sait très bien à qui déclarer son amour. Elle n’a pas peur. Elle lui écrit un mot. Devant son absence de réaction, Laeticia décidera de lui déclarer son amour devant tout le monde. Ce qu’elle ne savait pas, c’est que son kick se révèlerait être son meurtrier. (P.S. Ce n’est pas le punch. On le sait dès le début.)

Auteur prolifique, Simon Boulerice signe ici une œuvre très sensible. Comment ne pas l’être devant ce personnage si assoiffé de bonheur ? Laeticia est à la fois exhubérante et provocatrice, mais aussi si vraie. Un modèle pour ce qui est de s’accepter et de vivre pleinement. Rien ne lui fait peur. Il y a de quoi envier son courage.

C’est le genre de roman où il n’y a pas vraiment punch, mais plutôt un désir d’en savoir plus encore sur cet événement tragique. Parsemé ici et là de témoignages de collègues de classe, L’enfant-mascara montre plusieurs points de vue possibles.

 

Dès 12 ans.

0-5 ans, 6-11 ans, Suggestions et critiques

100% Valérie Fontaine

Chez nous, Valérie Fontaine fait partie de nos auteurs chouchous. Je suis persuadée qu’un des livres que j’ai choisi saura plaire à votre enfant.

Les 1000 enfants de Monsieur et Madame Chose, Québec Amérique

Monsieur et Madame Chose ont 1000 enfants. Ils forment à eux seuls un village de 1002 habitants. Les premiers enfants nés ont des noms communs tels que Vincent, Antoine, Delphine, mais le petit dernier s’appelle Bimjamboum Chose. Ils sont assez nombreux pour former 44 équipes de sport et 19 troupes de théâtre. 772 des enfants fréquentent l’école et 16 autobus les y emmènent. Imaginez les repas, les anniversaires et le ménage !!! 

En ayant 4 enfants, on nous dit souvent lors de nos sorties que nous avons une belle grosse famille! Le titre du nouvel album de Valérie Fontaine a donc tout de suite séduit mes enfants. Mais comparé à la famille Chose… la nôtre n’est finalement pas si grosse. Ils ont bien rit du nom de leur village: Chose Bine et ils rêvent maintenant d’avoir 12 salles de jeux comme les enfants Chose. De mon côté, j’ai bien aimé que chaque enfant aie ses responsabilités afin d’éviter le chaos et je rêve dorénavant d’avoir un lave-enfant! L’idée est très originale et les illustrations de Yves Dumont sont tout simplement superbes. Un véritable coup de coeur!

Dès 3 ans.

Les Superjumeaux contre Dr Pollutron, Dominique et compagnie

Léa et Léo sont des jumeaux de 12 ans, nés à 12 minutes 34 secondes d’intervalle. Ils ont une petite soeur de 8 ans très curieuse, Roseline. Leur mère, Adeline, travaille pour le ministère de l’Environnement et leur grand-maman (Mamilou), aujourd’hui retraitée, était la directrice d’un laboratoire de recherche environnementale réputé. C’est en tentant d’aider leur maman à installer une douche écologique que Léo se rend compte qu’il est capable d’arrêter l’eau de gicler comme par magie, en plaçant ses mains devant le jet! Les jumeaux décident donc d’aller raconter cette aventure un peu bizarre à leur grand-mère. Ainsi, les jumeaux apprennent que lorsqu’ils étaient encore des bébés, Mamilou leur a injecté un sérum les dotant de superpouvoirs, qui leur permettent de maîtriser chacun des éléments : l’eau, l’air, la terre et le feu. En colère contre sa mamie de lui avoir imposer ce choix, Léa se retire et découvre que son souffle peut créer un tourbillon haut de plusieurs mètres. Léa et Léo s’entraînent donc à explorer et maîtriser leurs superpouvoirs. Par la suite, Mamilou leur fait cadeau d’un costume de superjumeaux en leur expliquant que celui-ci leur permettra de rester en sécurité durant leur mission. Elle leur présente un vidéo mettant en scène Plastix, la mascotte d’une compagnie d’eau embouteillée et leur explique que les millions de bouteilles vendues polluent la planète. Leur mission sera de déjouer le plan de Plastix et du Dr Pollutron (le créateur de Plastix) d’assoiffer les gens pour vendre encore plus de bouteilles d’eau. Réussiront-ils à bien maîtriser leurs pouvoirs?

Valérie Fontaine nous livre ici un roman qui conscientise les enfants aux effets néfastes de la consommation de plastique sur l’environnement et qui donne envie de prendre soin de notre planète. Un sujet qui intéressera autant les filles que les garçons. 

Dès 8 ans.

Delfouine et la barbe à papa, Dominique et compagnie

Delphine compte les jours sur son calendrier. C’est enfin aujourd’hui que son papa et oncle Pat les emmènent, elle et sa cousine Aurélie, au parc d’attraction. Aurélie arrive et les deux filles ne tiennent plus en place en nommant toutes les attractions qui les attendent. La cousine s’exclame: « On mangera de la barbe à papa! » Et Delfouine lui répond: « De la barbe à quoi? YARK! Ça doit être piquant! » Une fois au parc d’attraction les filles croisent le fameux kiosque qui vend de la barbe à papa. «Mais pourquoi appelle t-on cela de la barbe à papa?» se demande Delphine. Elle le découvrira par elle-même en la savourant.

Ma plus jeune de 3 ans a adoré cet album et elle en a redemandé la lecture 1001 fois. On aime le personnage de Delfouine, on la trouve attachante en plus d’avoir un beau sens de l’humour.  Magnifiquement illustré par Anne-Marie Bourgeois, il fait un très beau cadeau à offrir aux enfants, accompagné d’une barbe à papa bien sûr!

Psssst! Nous avons d’abord connu le personnage de Delfouine dans Le lit de Delfouine, publié en 2014.

Dès 3 ans.

Pif perd la boule, Andara

Pif est le clown vedette du cirque Alikazoum. Mais voilà qu’à la fin du spectacle, il perd son gros nez bleu lors de sa révérence. À la sortie, Pif observe les mains des enfants, les poches des parents et les sacs des bambins. Pas de nez! Il scrute le plancher, regarde partout. Le nez est disparu! S’est-il fait voler son nez par un enfant qui voulait le garder en souvenir de son clown préféré? La recherche de son nez lui fera vivre pleins d’aventures en compagnie de ses amis du cirque.

On a bien aimé que des bonbons s’échappe du nez de Pif lorsqu’il se penche, cela apporte un petit côté rigolo à la perte du précieux nez. Le format des livres «Mon mini big à moi» attire beaucoup mes enfants, car l’écriture est grosse et il y a plusieurs variations de caractères, ce qui rend la lecture très dynamique. Les enfants ressentent de plus la fierté d’avoir lu un gros roman comme maman!

Dès 6 ans.

*** Notez que Valérie Fontaine anime une heure du conte en direct tous les mardis à 19h sur sa page Facebook. Serez-vous au rendez-vous la semaine prochaine? Je vous suggère de vous brancher quelques minutes plus tôt pour les salutations, vos enfants en seront ravis.