0-5 ans, 12 ans et plus, 6-11 ans, Suggestions et critiques

100% Simon Boulerice

Pour faire suite à nos Conseils de lecture du mois de septembre portant sur la différence, voici un article totalement consacré aux oeuvres de Simon Boulerice. Cet auteur, qui écrit à un rythme effarant, est reconnu pour oser aborder le thème de la différence d’une façon étonnante et déstabilisante. Simon Boulerice est comédien, metteur en scène, écrivain et chroniqueur à la radio de Radio-Canada. Lors d’une entrevue, il a mentionné qu’il aborde souvent le thème de la différence dans ses romans car il se sentait lui-même différent étant enfant. Pour moi, Simon Boulerice est un auteur qui a su faire sa marque; un auteur aux mille talents!

Un verger dans le ventre, Courte échelle, 2013

C’est l’histoire de Raphaël, un jeune garçon qui adore les pommes. Il les adore au point de manger même le coeur et les pépins. Un jour, son ami Rémi, fils de pomiculteur, sème en lui le doute qu’en avalant un pépin, un pommier poussera dans son ventre. Rémi lui apprend aussi que ces pépins avalés deviendront un beau verger grâce à l’eau et au soleil qui entre dans sa bouche. L’inquiétude s’empare alors de Raphaël. Apeuré, il retourne en classe avec des crampes à l’estomac…

Inspiré d’une de ses peurs enfantines, Un verger dans le ventre est le premier album jeunesse de Simon Boulerice. Il représente la belle naïveté de l’enfance ainsi que ses angoisses irrationnelles et démesurées. J’ai aimé les illustrations style « rétro » de Gérard Dubois. Une histoire automnale qui saura, à coup sûr, plaire à vos enfants.

Dès 4 ans.

 

Plus léger que l’air, Québec Amérique, 2015

Junior, surnommé Bouboule, souffre d’embonpoint. Il a toujours faim et quand il commence à manger, il ne peut plus s’arrêter. Il a aussi un grand rêve, celui de danser le ballet comme Flavie. Quand elle saute, Flavie semble voler dans les airs un moment et retombe avec grâce et délicatesse. Junior l’envie tant. Même si l’on rit de lui dans la cour d’école, Junior s’empare d’un tutu rose et d’une bouteille d’hélium pour s’envoler dans le ciel. Le roman se termine sur la liste de ce qui le rend plus léger: son papa clown, sa maman astronaute, Flavie, son tutu et son futur cours de ballet. Parce que le ballet, ce n’est pas réservé qu’aux filles!

J’ai beaucoup aimé le concept des chapitres qui ont pour titre: 1er ciel, 2e ciel, etc. pour terminer au 7e ciel où Junior réalise sa plus grande aspiration: son envol (dans tous les sens du terme). On retrouve aussi une écriture « gonflée » pour quelques mots, ce qui nous donne une sensation de flotter lors de la lecture. Simon Boulerice nous offre une fois de plus un texte intelligent qui nous donne l’occasion d’aborder la différence et l’intimidation avec nos enfants mais qui permet aussi de montrer aux enfants que rien n’est impossible. Il nous permet aussi de se demander: Moi, qu’est-ce qui me rend plus léger?

Dès 6 ans.

Edgar Paillettes, Québec Amérique, 2014

Le narrateur s’appelle Henri, il a 11 ans et il est le grand frère d’Edgar, un petit garçon différent. Edgar est âgé de 7 ans, il se déguise chaque jour différemment et il parle en poèmes. Tout au long du roman, Henri nous partage comment il vit le fait d’être le frère d’un enfant différent et comment il se sent dans l’ombre de son petit frère si flamboyant. On ressent bien les sentiments contradictoires que vit Henri envers son frère. Autant il est attaché à celui-ci, autant il ressent une certaine rivalité à son égard. Edgar a le droit de faire des choses qui, à lui, sont interdites. Vers la fin du roman, Henri prend conscience qu’Edgar vit certaines difficultés à son école spécialisée et son regard sur la situation change quelque peu. De plus, le choix de costume d’Halloween d’Edgar fait réaliser à Henri qu’il peut être flamboyant lui aussi, à sa façon.

Le personnage d’Edgar lui a été inspiré lors d’une tournée pour le théâtre où il a fait la rencontre d’un jeune homme déguisé en cowboy qui lui a demandé s’il aimait la paillette. De cette rencontre unique est né Edgar Paillettes. J’ai apprécié que le diagnostique d’Edgar ne soit jamais clairement énoncé. Pour moi, c’est une marque de respect pour la différence du jeune garçon et les différences en général. J’ai bien aimé l’apparition de la fée des dents lors de certains passages du livre, cela apporte une petite touche de magie au récit. Ce roman a remporté le Prix des libraires jeunesse 2014.

Dès 9 ans.

Il est à noter qu’Edgar Paillettes fait parti des suggestions de livres pour bibioaidants.caBiblio-Aidants consiste en une série de 15 cahiers thématiques qui renseignent les proches aidants sur les maladies et les sujets auxquels ils sont confrontés. On y retrouve une liste d’organismes, une sélection de sites Web pertinents et des suggestions de lecture et de films pour chaque cahiers thématiques. Pour en savoir plus, je vous invite à visiter leur site: http://biblioaidants.ca/fr/cahiers.php

Les garçons courent plus vite, La courte échelle, 2014

Un recueil de poésie présentant un adolescent mal dans sa peau, expérimentant le redoutable test Léger. Ce test permet d’évaluer l’aptitude physique aérobie et il consiste à effectuer des allers-retours au son d’un Bip! sonore jusqu’à épuisement. Le lecteur se retrouve alors dans les pensées du jeune homme. On découvre son univers et on vit avec lui ses désirs, son mal-être et sa quête d’identité.

J’ai aimé la couverture qui rappelle les fameuses lignes de couleur qu’on retrouve sur les plancher des gymnases d’école. J’ai aussi aimé les Bip! qu’on retrouve à répétitions à la fin du texte, ils m’ont donnés l’impression de m’essouffler avec le personnage. Avec sa plume magnifique, Boulerice réussit à rendre la poésie accessible à tous. Une très belle découverte!

Dès 12 ans.

 

Le dernier qui sort éteint la lumière, Québec Amérique, 2017

Arnold et Alia sont des jumeaux ayant deux papas qui s’aiment. Ils auront 13 ans, le 13 mai qui vient. Ils savent que marraine Sandrine leur a donné naissance mais ils se questionnent à propos de l’identité de leur « vrai » papa. Papou Julien et Poupa Édouard décident donc de leurs écrivent treize lettres, une par jour jusqu’à leur anniversaire, qui expliqueront comment ils se sont rencontrés, certaines anecdotes à leur sujet et pour finalement leur annoncer qui des deux est leur père biologique.

L’auteur nous offre des personnages tellement attachants qu’on aurait envie de s’inviter à un de leur souper de famille. Une histoire qui démontre bien que l’orientation sexuelle des parents n’influence pas la qualité de la relation parent-enfant; on y retrouve de l’amour à profusion. Le récit nous amène de plus à se questionner: est-ce que la génétique est la seule responsable de qui je suis?  J’ai adoré à 100%!

Dès 12 ans.

 

Découvrez aussi L’enfant-mascarajuste ici, sur le blogue. 

You Might Also Like

Billet précédent
Billet suivant

Laisser un commentaire